Accoucher Les hormones font le travail

 

Notre corps a tout prévu et sait accoucher, pourvu qu’on le laisse travailler! Dans un environnement chaleureux, sécuritaire et intime le corps produit toutes les hormones essentielles à un accouchement réussi. Depuis des millénaires, notre cerveau secrètent l’ocytocine, les endorphines, l’adrénaline et la prolactine au bon moment et selon les recoins de la mère et de l’enfant.

L’ocytocine induit les contractions utérines. Sa production augmentant graduellement, elle allonge la durée des contractions et réduit l’intervalle entre chacune, ce qui rend le travail de plus en plus efficace.
(L’ocytocine synthétique utilisée parfois pour accélérer le travail augmente les risques de détresse fœtale, perturbent l’action concertée des différentes hormones, dérèglent la sécrétion d’endorphines et ainsi augmentant l’utilisation des analgésiques de tout type, dont l’épidurale.)
Les endorphines, des hormones naturelles semblables à la morphine, sont secrétées graduellement pour atténuer la douleur. Elles diminuent la tension et la fatigue, favorisent l’oxygénation des muscles, relaxent le cerveau rationnel et laissent agir le cerveau sensitif qui sait accoucher. Elles aident ainsi la femme à se laisser guider par son corps, travailler avec lui et avec son bébé, et découvrir instinctivement les mouvements et les gestes bénéfiques : crier, respirer fortement, pleurer, prendre les positions appropriées à chaque phase de l’accouchement, etc. Pour favoriser l’action du cerveau sensitif, on peut tamiser les lumières, réduire les bruits, fournir à la femme une température confortable, répondre à sa soif et à sa faim, assurer sa sécurité, lui parler peu, surtout l’observer et l’écouter.
Les caresses produisent des endorphines :  le conjoint qui masse et caresse son amoureuse favorise la sécrétion de ces endorphines. Les endorphines, en induisant la détente, favorisent l’attachement entre la mère et son bébé.
L’adrénaline, sécrétée à la phase de dilatation entre en action après l’ocytocine et les endorphines. Elle assure la vigueur et l’inefficacité des contractions de l’utérus et des autres muscles. Quand la dilatation est complétée, une poussée d’adrénaline se déclenche, apporte un regain d’énergie à la mère, l’incite à adopter une position verticale et à s’agripper. Elle devient alerte et active et pousse spontanément. Cette hormone permet aussi au bébé de s’adapter à une période privée d’oxygène et lui permet d’être alerte à sa naissance, yeux grands ouverts.
L’ocytocine, produite à son maximum après la naissance, facilite la délivrance sécuritaire du placenta avec un minimum de perte de sang. Cette hormone induit aussi le comportement maternel, celui de prendre soin du nourrisson et déclenche l’éjection du lait maternel.
La prolactine produite après la naissance, favorise l’allaitement, le maternage, la patience. La production du colostrum dans sa première heure de vie permet au bébé de nourri sa flore gastro-intestinale et ainsi fortifier son immunité. La flore familière de sa mère convient à l’organisme du nouveau-né. On comprend alors le besoin d’être en contact avec sa mère.