Entrevue avec Désiré Mérien auteur, professeur et conseiller hygiéniste

 
Désiré Mérien
 
Comment en êtes-vous venus à faire profession de conseiller hygiéniste ?
Je me suis intéressé au jeûne en 1963 pour tenter de résoudre des problèmes de santé que j’avais encourus  suite à une vaccination au BCG.      
Par la suite, je me suis intéressé aux associations qui diffusent les méthodes de santé naturelle, ou qui militent pour la défense contre les rayonnements ionisants, la liberté des vaccinations, la préservation de la nature, etc.
J’ai alors fondé un mouvement semblable dans ma région, l’association Nature et Vie.
Comme plusieurs maîtres hygiénistes vous avez découvert puis étudié l’hygiène naturelle suite à des problèmes de santé personnels !
Suite à cette vaccination, je n’avais plus aucune énergie. J’ai dû suspendre mes études universitaires. Tous les traitements qu’on m’avait proposés ne semblaient qu’empirer ma situation. Jusqu’au jour où je suis entré dans une boutique de produits naturels : j’ai commencé à lire sur place certains ouvrages qui me donnaient un espoir. J’ai acheté une vingtaine de livres que j’ai étudiés avec la plus grande attention. J’ai commencé à appliquer ces méthodes et je m’en trouvais mieux. Solution ultime : j’ai pratiqué mon premier jeûne… Je suis demeuré dans la fonction enseignante. Une fois guéri je suis retourné aux études en biologie, une science qui m’apparaissait alors plus essentielle et plus intéressante. Et c’est ainsi que j’ai poursuivi ma carrière comme professeur de biologie. Pour partager mes découvertes j’ai fondé l’Association Nature et Vie.
Quels services avez-vous offerts sous la bannière Nature et Vie ?
Lors des premières années, nous avons soutenu de nombreuses causes écologiques dont celle de la diffusion de l’agriculture biologique. J’ai fondé la revue Nature et Vie, que je publie depuis plus de quarante ans, d’abord sur papier et maintenant en version numérique. Progressivement je me suis concentré sur la promotion de la santé naturelle, d’abord par le végétarisme, l’harmonisme puis par l’hygiénisme. Puis, peu à peu j’ai créé et animé un centre d’éducation à l’hygiène vitale dans mon village. Quelques années après, la demande augmentant, j’ai construit un centre plus grand pour recevoir plus de gens, jusqu’à maintenant. Durant toutes ces années, j’ai écrit et souvent édité plusieurs livres détaillés sur la santé.
Quel est le but de ce centre et comment fonctionne-t-il ?
Mes collaborateurs et moi y faisons une œuvre éducative. Nous y essayons les meilleures pratiques d’une bonne hygiène de vie. Comme ces procédés s’enseignent mieux par la pratique, j’y anime des formations sur l’alimentation, avec démonstration en cuisine, des cours sur la nutrition, l’élimination, l’équilibre énergétique, des séances de bio-respiration en petits groupes, etc. Tout naturellement notre Centre d’enseignement hygiéniste s’est transformé en Centre de jeûne. Ce que nous faisons depuis quarante ans.
Votre enseignement est à la fois traditionnel et original dans l’histoire des hygiénistes professionnels. Comment en êtes-vous parvenu à vos découvertes particulières ?
Je me suis intéressé de près aux compatibilités alimentaires, que j’ai analysées avec mes connaissances de professeur de biologie. J’ai tout naturellement introduit la méthode de jeûne par paliers alimentaires. Cette innovation s’est pratiquement imposée d’elle-même : certains résidents se disaient peu disposés à jeûner mais prêts à faire une certaine cure alimentaire : je leur suggérais d’éliminer les protéines, puis, à leur demande d’une nouvelle étape, souvent pour perdre du poids, de manger des fruits et légumes crus, puis, d’eux-mêmes plusieurs se mirent au jeûne. Et leur degré d’activité a également diminué en proportion de leur apport calorique.
De même pour la bio-respiration : j’ai observé un jeûneur qui respirait en hyperventilation : les gens autour étaient terrifiés. J’ai laissé agir la nature. Après une vingtaine de minutes, qui à plusieurs a semblé une heure, il s’est remis à respirer normalement… et a dit qu’il se sentait beaucoup mieux !
J’ai expérimenté cette pratique et j’en ai déduit qu’elle éliminait des tensions accumulées. J’ai donc proposé à mes résidents de l’expérimenter sous ma surveillance. Les effets furent bénéfiques.
Par la suite, constatant que plusieurs personnes n’obtenaient pas les résultats escomptés malgré un jeûne prolongé. Comme leurs difficultés semblaient provenir surtout de tensions psychologiques, j’ai appliqué des techniques d’analyse transactionnelle que j’avais étudiées et appliquées. Ainsi, pour obtenir un mental serein, j’ai mis au point la bio-analyse, indispensable pour accéder à une bonne santé. Nous appliquons encore ces méthodes avec succès.
Quels autres moyens avez-vous utilisés pour faire connaître l’hygiène vitale à ceux qui la recherchent pour se guérir ou pour amener leur famille à la santé optimale ?
Après avoir dispensé des cours oraux en hygiène vitale, j’ai mis au point par des formations  par correspondance. Puis nous avons mis en place un lieu de rencontres et d’entretiens hygiénistes sur Paris. Encore maintenant, nous assurons une permanence les premières fins de semaines de chaque saison.
Toute cette progression s’est faite lentement et a évolué selon les besoins et les demandes. Toutes ces activités, stages, cours, publications, consultations, etc. fonctionnent. Et maintenant notre grand projet est de créer une grande librairie numérique hygiéniste Nature et Vie.
Concrètement, comment se déroule un stage typique à votre centre ?
A Nature et Vie les séjours de détoxination se pratiquent selon la  technique des paliers alimentaires. A leur arrivée, les résidents peuvent réduire leur alimentation. Naturellement, chaque résident peut demeurer également en alimentation solide ou y revenir à son gré, à tout moment selon son désir. A l’issue de sa période de détoxination, le résident remonte en alimentation en utilisant les paliers inversés. La nourriture proposée comporte une base de fruits et légumes. L’alimentation est prise en respectant les associations alimentaires.
Des séances de relaxation utilisant la respiration, pour évacuer les tensions physiques, psychiques, et libérer les émotions, sont proposées quotidiennement. Les résidents peuvent y participer facultativement, en groupe ou en individuel. Ces séances se terminent par un temps de relaxation musicale, puis par celui du partage des expériences vécues. Des séances de gestion du stress sont réalisées en individuel, à la demande facultative des résidents. Le coût des séances est en supplément de celui des séjours.
Les séjours de détoxination ont lieu toute l’année. On soit réserver avant de venir. L’alcool, le tabac, l’encens et les drogues sont prohibés. Notre centre est installé dans un village de Bretagne, située à 1 km de la mer. Des étages on aperçoit l’océan atlantique. On accède aux plages par une marche d’une trentaine de minutes. C’est un lieu de tranquillité et de ressourcement. De nombreuses promenades existent tant sur le littoral que sur les parcours de randonnées pédestres. Il existe aussi des sorties en mer. La nourriture proposée au Centre lors de la réduction et de la reprise alimentaire est exclusivement végétarienne. Nos chambres pour une ou deux personnes sont confortables avec chauffage central, eau chaude, téléphone, ordinateur, internet, etc.
Vous continuez d’écrire ?
Mon nouveau livre Les associations alimentaires compatibles vient d’être publié aux Éditions Lanore. Ce tome 2 présente les menus et recettes de l’alimentation raisonné et de nouveaux textes sur le devenir de l’alimentation humaine. Il est en vente en librairie et sur notre site.
Quelles activités poursuivez-vous pour faire connaitre l’hygiène vitale ?
Nature et Vie participe à plusieurs salons bio écologiques, tels que Médecine douce et Marjolaine à Paris. En fait, ce sont nos collaborateurs encadrés par  Roger le Madec-auteur hygiéniste du livre Un esprit sain dans un corps sain – qui tiennent ces stands. C’est l’occasion de parler de santé authentique à des gens qui recherchent des approches naturelles pour leur santé. Plusieurs de mes diplômés offrent des activités variées dans leur région : jeûne actif, randonnée, combinés avec des cours sur l’hygiène vitale.
Je continue d’exposer sur mon site www.nature-et-vie.fr les fondements et les applications de l’hygiène vitale, non seulement je traite du jeûne et de l’alimentation mais bien sûr d’équilibre psychologique et des méthodes naturelles pour y parvenir. C’est un sujet sans limite qui me passionne encore.              
Ces ouvrages sont visibles en rubrique librairie sur notre site.
 
 

  

Entrevue avec Douglas Graham, athlète et conseiller hygiéniste

Athlète accompli et crudivore depuis 1978, Douglas Graham conseille des athlètes débutants jusqu’au niveau olympique. Depuis 10 ans, il dirige un centre de santé en Floride, ou il a supervisé plusieurs milliers de jeûnes. Il organise des camps de santé, comme des randonnées pédestres de deux semaines accompagnées de cours, conférences et démonstrations. Il détient un doctorat en chiropratique et est membre de l’Association Professionnelle des Hygiénistes.

 
Merci de prendre le temps de répondre à mes questions sur la santé. D’abord qu’entendez-vous par «santé parfaite» ?
La santé parfaite est une démarche qui dure toute la vie. On peut parvenir à une santé parfaite, puis la maintenir ou encore la regagner. La santé parfaite peut être vécue différemment d’une personne à l’autre car chacune a son histoire, son hérédité et son avenir. Elle vise à réaliser son plein potentiel, de faire de son mieux et de vivre pleinement. Il s’agit de faire des choix judicieux et de créer les conditions nécessaires pour se nourrir d’aliments idéaux et de bénéficier ainsi de la force de la nature pour progresser sans cesse vers une santé parfaite.
Une personne peut avoir une hérédité très forte et une autre une plus faible ; l’une pourra courir plus vite ou sauter plus haut. Mais ces deux personnes peuvent parvenir à une santé parfaite. I n’en tient qu’à vous de créer les conditions –aliments, activités et environnement– pour que votre corps se développe à son meilleur. Vous pouvez dès maintenant améliore votre condition physique future.
La santé n’est pas l’absence de malaises ou de maladie. La santé est un état de bien être optimal, à la fois physique, émotionnel, social, etc. Cet état optimal vous permet de prendre soin de vous et de faire face aux différentes situations de la vie de façon instinctive et parfaite, comme le font les animaux sauvages et les jeunes enfants libres.
Tout est parfait dans la vie ; il ne s’agit que de l’accepter. Nous pouvons alors diriger nos actions selon notre motivation et choisir les aliments et les forces nécessaires à parvenir à un état de santé parfaite dans ce monde que nous considérons comme parfait.
Comment distinguer et relier l’amélioration de la santé et la prévention ou le traitement des maladies ?
À mon avis, il est très important de prendre soin de soi pour avoir une meilleure santé actuelle et future.
Mon approche de la santé est souvent considérée comme une méthode préventive. Mais mon objectif n’est pas la prévention des maladies. Il y a des milliers de maladies et vous pouvez passer votre vie à tenter de les traiter pour retrouver la santé ; vous courrez ainsi sans cesse entre la santé et la maladie. Vous ne comprendrez jamais tout ce qui est nécessaire pour les prévenir.
Au fond, il y a trois différentes approches de la santé. Le modèle médical, dans lequel nous avons été éduqués et qui est profondément ancré en nous vise à supprimer une maladie ou une condition de dégénérescence pour dire qu’on est en de santé. Par exemple, on dit que le lait est parfaitement bon quand on est en santé et nocif quand on est malade ; on conseille alors de boire du lait quand on est en santé mais de ne pas en boire quand on est malade, car on sera encore plus malade. Ou encore, on dit que les médicaments sont nocifs quand on est en santé et bénéfiques quand on est malade ; on s’abstient de médicament quand on est en santé mais on en prend quand on est malade, persuadé qu’on se sentira mieux.
Le modèle médical alternatif est exactement le même mais au lieu d’utiliser des médicaments et des interventions chirurgicales, ils utilisent des produits homéopathiques, des plantes, de l’acupuncture, etc. Par exemple, quand ils ont mal à la tête ils recourent à un massage. Évidemment, un massage peut faire cesser le mal de tête mais il n’en supprime pas la cause. Même alternatif, on est alors dans le modèle médical : on raisonne en termes de traitement de la maladie.
La troisième approche est complètement différente : c’est une approche de la santé. Ainsi les substances et influences pour parvenir à un état de santé optimal sont les mêmes dont on a besoin quand on est malade.
La seule chose qu’on change est la quantité d’une influence ou d’une substance. Par exemple, parfois nous avons besoin d’un peu plus de sommeil et d’autres fois, nous avons besoin de bouger davantage. Nous devons ajuster l’intensité ou la quantité de ces influences et substances selon les besoins de chaque personne dans chaque situation. Il suffit simplement de trouver un équilibre pour améliorer et maintenir sa santé.
Qu’appelez vous la création de la santé ?
La «création de la santé» signifie qu’à tous les jours je pose des gestes et j’en récolte les effets dans mon état de santé. Par chaque geste, j’améliore de plus en plus ma santé ou si je la néglige elle me glisse entre les doigts. Nous construisons notre état de santé ou nous le détruisons, étape par étape, à chaque respiration que nous prenons et à chaque action que nous faisons.
Est-ce plus long de retrouver la santé quand on l’a perdue ou de perdre la santé quand on l’a ?
Pour créer sa santé, il est important de prendre et de maintenir des habitudes de vie qui favorisent la santé, et d’éliminer de plus en plus celles qui peuvent nuire à la santé. Ainsi, plus on accumule de points favorables à sa santé et plus on devient fort. Si je séjourne dans une salle pleine de fumée de cigarette, je n’aurai pas de problème parce que j’ai exposé mon corps une seule fois à cette fumée. Ma santé est assez forte pour résister à cette agression. Par contre, si mon immunité est plus faible, je dois éviter de rester dans cette salle.
Quand on a un niveau de santé plus bas on ne sent pas les signaux émis par son système nerveux, qui indique quoi faire et quoi éviter pour préserver sa santé. Par exemple, on ne se rend alors pas compte que la musique est trop forte ou qu’on ne devrait pas boire de café.
Quand je me retrouve dans des situations qui peuvent nuire à ma santé, je suis heureux de constater que je suis suffisamment en santé pour ressentir ce signal qui m’indique que j’ai avantage à bouger.
Pouvez-vous décrire l’alimentation «optimale» et nous expliquer comment elle contribue à une santé parfaite.
L’alimentation optimale est très simple. Plusieurs scientifiques ont tenté de comprendre ce dont notre corps a besoin pour bien se nourrir. Nous pouvons faire confiance à nos sens, tout le monde aime ce qui est sucré et cela nous donne une indication sur nos besoins nutritifs.
Nous pouvons aussi observer ce que mangent dans la nature les animaux qui nous ressemblent par l’anatomie et la physiologie et manger les mêmes aliments. Nous sommes surtout frugivores. Nous sommes constitués pour manger surtout des fruits. Nous pouvons aussi manger des légumes verts, et de jeunes pousses, qui répondent le mieux à nos besoins nutritifs. Nous pouvons consommer d’autres aliments même s’ils conviennent moins bien à une santé optimale.
Quel est votre avis sur les céréales et les noix ?
Les gens aiment bien manger des noix et des céréales. Je ne recommande pas d’arrêter totalement de manger ces aliments. Précisons : quand on cueille des noix dans un arbre, elles sont fraiches et n’ont pratiquement aucune saveur. Au marché les noix qu’on trouve ne sont pas vraiment fraiches. Les noix et les graines fraiches sont très riches en eau. On doit les déshydrater pour les conserver. Sèches, elles ont aussi perdu beaucoup de nutriments et sont plus difficiles à digérer. Pour ces raisons, je conseille d’en manger peu.
Pourriez-vous expliquer les différents critères de l’alimentation santé ?
Idéalement, on doit se nourrir d’aliments frais, entiers, mûrs et crus.
D’abord, on doit choisir des aliments entiers, non transformés, tels qu’ils poussent dans la nature. Un aliment entier contient de l’eau, des fibres, des vitamines, des minéraux, des enzymes, des antioxydants, des glucides, des protéines, des lipides, etc.Dans un aliment entier, on trouve ces nutriments en différentes proportions. Les aliments entiers sont plus sains et plus nutritifs que les aliments raffinés.
Les aliments frais. J’ai déjà mentionné que les noix et les graines fraiches se retrouvent rarement dans les marchés. Au marché on retrouve des aliments frais et des aliments raffinés. Le pain frais n’est pas un Ensuite on doit consommer des aliments frais. Les céréales ont été récoltées il y a plusieurs années et la farine qu’on en a produite n’est pas fraiche. Du pain frais, des noix fraîches, c’est pratiquement inexistant ! Les aliments déshydratés, les aliments congelés ne sont plus frais. Nous visons à consommer beaucoup d’aliments frais et un peu d’aliments déshydratés ou congelés.
Précisons que l’alimentation reste un des facteurs importants pour être en santé, mais ce n’est pas le seul.
Troisièmement, les aliments sains sont frais.Une tomate, une banane ou un kaki vert est très indigeste. Leur saveur est désagréable. Les fruits et les légumes mûrs ont une saveur plus agréable et contiennent plus de nutriments. Plusieurs nutriments se développent pendant qu’il mûrit. En mangeant des aliments mûrs, nous sommes plus satisfaits et mieux nourris.
Quatrièmement les aliments sains sont crus. Les aliments crus sont plus nutritifs. Les aliments perdent beaucoup de leur valeur nutritive à la cuisson : vaut donc mieux les consommer crus. L’alimentation crue exige une adaptation, puisqu’en général on a mangé cuit durant 20 ou 30 ans.
Cinquièmement les aliments sains sont biologiques. En mangeant bio, on évite les agents chimiques, herbicides, pesticides, fongicides, etc., sources d’allergies, de transformations génétiques qui réduisent notre vitalité. Personne ne peut prouver qu’ils ne sont pas dangereux. Ils ont plus de saveurs, un indice qu’ils contiennent plus de vitamines, minéraux et enzymes.
Nous sommes constitués pour consommer des végétaux. Notre anatomie et notre physiologie confirment ce principe : notre capacité à voir les couleurs, notre main qui peut saisir, notre dentition qui peut mastiquer et notre système digestif qui peut digérer au mieux les fruits, légumes et pousses.
Tous ces critères sont importants, simples et faciles à comprendre.
Que se passe-t-il lorsqu’on fait cuire un aliment ?
Trois changements importants se produisent à la cuisson. Quand on cuit un aliment, plusieurs nutriments sont détruits ou modifiés. Les protéines sont dénaturées et ne peuvent pas se décomposer en acides aminées pour être digérés. Ces grosses particules épuisent le système immunitaire qui doit dépenser beaucoup d’énergie pour les éliminer. Les gras chauffés se transforment en particules plus dures et indigestes. Ils réduisent nos capacités de transporter et d’utiliser l’oxygène et les sucres dans le sang. Les glucides cuits deviennent des sucres plus difficilement assimilables. Si on évalue l’index glycémique, tous les aliments qui font monter rapidement le taux de sucre dans le sang après leur consommation, sont des aliments riches en glucide cuits. La cuisson caramélise les sucres.
Il vaut mieux consommer des aliments à la température de votre corps. Si l’aliment est trop chaud pour le tenir en mains il ne convient pas au corps.
Quel est le rôle des aliments gras dans notre alimentation ?
La consommation des gras, chauffés ou non, ralentit notre capacité à transporter l’oxygène et les sucres dans le sang. Les gras ralentissent aussi la digestion de tous les autres aliments. Ce ralentissement entraine une fermentation dans le tube digestif. Je recommande fortement de consommer peu d’aliments gras.
Les aliments biologiques sont évidemment préférables mais parfois difficiles à trouver. Qu’en pensez-vous ?
Je ne crois pas qu’on doive mettre l’emphase sur un aspect de la santé en particulier. Notre santé ne peut être meilleure que notre point le plus faible. Nous devons faire des choix pour arriver à un équilibre qui vous procure le meilleur niveau de santé.
Les facteurs de santé ne peuvent pas être pris séparément. Nous devons faire des choix. Par exemple, je vais au marché et dans la section biologique, il y a de la laitue biologique défraichie. Dans l’autre section, la laitue est fraîche. Alors, je dois choisir entre une laitue fraiche cultivé avec des pesticides ou une laitue défraichie cultivée naturellement. Parfois, le produit biologique n’est pas disponible ou il est très cher ou il n’est pas frais. Nous faisons des choix pour manger biologique le plus souvent possible.
Je suis prêt à payer un peu plus cher car chaque fois que j’achète biologique, je soutiens l’agriculture biologique. Pour prendre soin de notre corps, manger biologique est un enjeu important. Faire pousser sa laitue dans un pot sur son balcon ou dans la maison peut s’avérer bénéfique pour sa santé.
Qu’est-ce qu’un repas mono ? Est-ce si bénéfique ? N’est-ce pas ennuyant de manger ainsi ?
Je ne trouve pas ennuyant de manger des repas mono. C’est une expérience ; on s’assoit à table, on mange un aliment jusqu’à ce qu’on n’ait plus faim et c’est terminé. C’est ainsi qu’on mange dans la nature. Les animaux mangent un aliment à la fois jusqu’à ce qu’ils n’aient plus faim. Et ces aliments varient selon les saisons. Quand on a beaucoup de variété on mange trop parce qu’on on est stimulé par cet étalage. Souvent on a assez mangé et alors quelqu’un nous offre autre chose et on «trouve de la place». Ça prend un peu de temps pour acquérir la discipline mentale pour manger des repas mono, mais en mangeant ainsi, avec le temps, nous découvrirons notre vraie faim. Aussi, nous nous sentons plus légers, nous digérons mieux, ce qui nous encourage à continuer dans cette voie. Pour y arriver, mangez cinq aliments par repas, puis quatre, puis trois ainsi de suite.
Les repas mono font-ils partie des facteurs de la santé ?
On doit combiner la simplicité de chaque repas et la variété des repas. On simplifie en réduisant le nombre d’ingrédients à chaque repas et on varie en changeant les aliments d’un repas ou d’une journée à l’autre. Une alimentation équilibrée varie selon les saisons. En une année, je mange au moins 200 fruits différents et 50 légumes différents.
Comment peut-on augmenter notre consommation d’aliments crus, frais, entiers, mûrs et biologiques ?
Selon sa motivation chacun peut adopter une alimentation saine à son rythme. On peut comprendre la théorie en quelques semaines, mais la mettre en pratique demande plus de temps.
Qu’est-ce qui caractérise votre approche de l’alimentation ?
Je préconise une alimentation flexible. Je dis : «Mangez ce que vous voulez ; voici les effets de la consommation de tel ou tel aliment.
 

 

Entrevue avec André Passebecq, professeur de santé

 André Passebecq a pratiqué et enseigné l’hygiène vitale jusqu’à l’âge de 90 ans.

Vous dites que c’est “grâce” à la maladie que vous en êtes venu à l’hygiène vitale. Pouvez-vous nous expliquer votre cheminement ?
À 29 ans, je souffrais d’un un ulcère de l’estomac, proche de la perforation. J’avais vu mourir ma grand-mère heureuse et sereine, et mon père au contraire dans d’atroces souffrances. Il était revenu de la guerre avec des rhumatismes et prenait beaucoup de médicaments pour les soigner; ces médicaments engendrant de terribles maux d’estomac. On a voulu m’opérer, ce que j’ai refusé, préférant mourir naturellement comme ma grand-mère, que soigné comme le fut mon père. Ce choix a déterminé toute mon existence. Je suis allé me soigner en Angleterre, et en trois mois, je me suis trouvé bien, notamment grâce à une nourriture très réduite. C’est Horace Jarvis qui me suivait, et après m’avoir enseigné la naturopathie fondamentale, il m’a demandé de la transmettre. Je me suis formé dans son institut pendant 6 ans.
La maladie est donc positive ?
Ce sont les traitements incorrects, intoxications, vaccinations qui nuisent et par fois détruisent la vie. En fait, par la maladie le corps développe nos défenses immunitaires. La crise met nos défenses immunitaires en action. C’est pourquoi nous préférons la nommer. «biogonie», qui signifie «lutte vitale». C’est une lutte par et pour la vie ! Par exemple nous laissons agir la fièvre car alors le corps lutte pour sa survie, pour sa regénération.
Cette pratique est carrément à l’opposé des méthodes conventionnelles!
C’est pourtant scientifiquement prouvé. Les recherches faites à l’Institut Pasteur par le Professeur André Lwoff, prix Nobel de médecine dans les années 70 a démontré qu’à 39°C, les bacilles, colibacilles et même certains virus sont détruits par la fièvre. Il a écrit : «La fièvre est le meilleur remède». Ses travaux ont été mis sous le boisseau. On ne les trouve pas dans les bibliothèques publiques des universités.
Quels sont justement, selon vous, les grands principes de la santé ?
Il y en a sept : l’alimentation saine et équilibrée, l’activité physique régulière et suffisante, la gestion du stress, l’habitat sain et agréable, la vigueur des os, des muscles, et une posture correcte, une sexualité harmonieuse et épanouie, et la paix thérapeutique, c’est-à-dire laisser le corps agir en tout temps et en toute circonstance.
Quelles perceptions devons-nous changer pour parvenir à une santé optimale?
Notre ennemi n’est pas le microbe. Les microbes, sont présent en permanence dans la gorge, l’intestin, etc. La flore intestinale constitue un élément essentiel de nos défenses immunitaires ; elle fabrique notamment la vitamine B12, pour peu que l’on mange sain. Nous avons avantage à laisser le corps agir.
Vous ne trouvez rien de positif dans la médecine actuelle ?
La recherche est souvent utile. Mais les informations obtenues sont souvent détournées, par exemple dans le domaine des vaccinations. Lisez le livre «Vaccinations, les vérités indésirables» de Michel Georget (Editions Dangles), vous ferez des découvertes intéressantes.
Avez-vous eu des problèmes avec le corps médical ?
C’est arrivé plusieurs fois! L’une d’entre elles m’a d’ailleurs finalement été favorable : j’étais venu en aide à une fille de médecin belge qui avait tenté de se suicider. Je me suis contenté de l’écouter et de l’orienter professionnellement, ce qui lui a réussi : elle est devenue kinésithérapeute et a trouvé son équilibre. On m’a poursuivi pour cela : exercice illégal de la médecine. Le doyen de la faculté de médecine de l’Université Paris XIII à Bobigny en a eu vent, et j’ai été chargé de cours de naturothérapie pendant 12 ans dans cette faculté. Plus récemment, j’ai été attaqué parce que je propose une méthode anti-tabac : le fumeur serait un malade justifiable de la médecine ! Ce n’est pas mon avis.
Comment se passait cette formation des médecins en naturothérapie que vus enseigniez à l’université ?
On m’a demandé de préparer un programme de trois ans, et j’ai formé 300 médecins. Je les formais en naturothérapie, terme utilisé pour ne pas confondre avec la naturopathie, qui n’est pas exercée par des médecins. Il est bon dans cette formation d’appliquer quelques principes, dont ceux d’Hippocrate : «D’abord, ne pas nuire.» Je leur enseignais aussi à chercher la cause, et la cause de la cause : lorsqu’un diabétique mange du sucre, il va mal. Mais pourquoi mange-t-il du sucre ? Quels liens ses parents ont-ils établis avec les sucreries ? L’habitude prise dans le jeune âge devient une seconde nature.
Votre rapport à la médication, même naturelle, doit les surprendre !
Qu’il soit «efficace» ou pas, un médicament est un poison qui épuise les réserves énergétiques : il ne peut pas mener à une vraie guérison. «Le corps sait.»
Quel est votre principal enseignement maintenant ?
Nous enseignons l’hygiène vitale.  Nous formons des conseillers en hygiène vitale et des naturopathes. Cette formation se fait par des ateliers pratiques en groupe et des cours théoriques par correspondance, la rédaction d’un essai et un examen de synthèse. Nous ne faisons pas de diagnostic médical, ne prescrivons pas de médicaments, même dits naturels.
Ces naturopathes sont-ils reconnus ?
Ils le sont en Angleterre, au Canada, aux Pays bas, en Allemagne, Italie et Espagne, et dans quelques Cantons Suisses. Le cas de la France est à l’étude au niveau de l’Europe.
Le mot «naturopathie» vous semble-t-il être un terme approprié ?
Il provient de l’anglais, «nature» et «path», et signifie le chemin qui mène à la santé. Ce me semble une voie recommandable!

 

André Passebecq nous quitte à 90 ans

 

Le 5 novembre 2010, est décédé à l’âge de 90 ans, André Passebecq, après avoir enseigné les méthodes naturelles authentiques de santé pendant 65 ans.
 
Expert en santé naturelle
Il possédait une érudition incomparable des différentes approches de la santé, se tenait constamment au courant des nouveautés dans ce domaine et les transmettait à ses étudiants et abonnés dans un langage clair et non irritant. Il était reconnu comme le pédagogue de la santé naturelle le plus tolérant de sa génération. Ses lecteurs appréciaient ses ouvrages pour leur contenu éducatif dense et son approche souple des situations de santé.
 
Auteur prolifique
Il est l’auteur de plusieurs douzaines de livres. Son Cours de psychosomatique naturelle, comprend plus de 500 pages et expose en profondeur les dimensions fondamentales de la santé individuelle et sociale. Sa série Traitements naturels de… explique l’origine des différents maux et malaises et présente une gamme de procédés sains et non violents à appliquer dans ces conditions.
Il a publié un ouvrage proposant une alternative à la vivisection, plusieurs livres sur la conduite de la vie où il abordait les différents facteurs de réussite personnelle et professionnelle.
Il a publié Vie et action, une revue de santé naturelle, qui avait comme devise Liberté, Responsabilité, Santé, pendant plus de 40 ans. Agrémenté de magnifiques photos, ce périodique contenait des articles sur tous les aspects de la santé, des nouvelles des membres de l’association du même nom, des leçons en sciences de la santé, données par Passebecq et par une équipe de scientifiques dont il s’était entouré.
 
Hygiéniste authentique
Il est le professionnel de l’hygiène vitale qui a le mieux abordé tous les facteurs naturels de santé et a traité avec précision les aspects psychologiques et sociaux. Dans un même numéro il pouvait traiter de sujets tout aussi divers que le développement de la créativité, l’importance des probiotiques, les techniques alternatives pour composter les déchets humains, la digestion des noix, les exercices pour garder le dos souple, les approches pour s’occuper des enfants timides, la régulation des naissances par des approches naturelles, l’influence des préjugés et des perceptions sur les relations, l’analyse des dessins des enfants, les pratiques anciennes de la médecine égyptienne, les composantes et les effets de l’altruisme, les aliments, les exercices et les attitudes psychologiques pour améliorer la vision, etc.
 
Animateur d’une association innovatrice
Par l’association Vie et action qu’il dirigeait, il a créé des liens avec des milliers de familles qui partageaient une même vision du bien-être. Lors des cours qu’il donnait, de nombreuses personnes et familles venaient témoigner des améliorations remarquables que la pratique de l’hygiène vitale avait apportées à leur vie. Il a réuni des professionnels de la santé de divers horizons dans des congrès qui ouvraient de nouvelles avenues dans la recherche incessante de la qualité de vie. Il a présenté plus d’une centaine d’Incurables que j’ai connus, et les a invités à témoigner dans ses cours et colloques.
 
Pédagogue de la santé
Il enseignait dans son domaine comme les anciens maîtres : les cours se tenaient en plein air et l’horaire offrait un programme équilibré combinant cours théoriques, des exercices pratiques en posture, éducation visuelle, relaxation, visualisation, mise en forme, etc. Aux repas pris en commun, avec menu biologique évidemment, s’ajoutaient des périodes de fête avec conte, chant et danse. J’ai participé à un mois de cours dans ce cadre : nous étions occupés de 7 heures le matin à 20 heures le soir; nous vivions en groupe – ses formations ont rassemblé, selon les années, de 20 à 160 personnes — une immersion en un mode de vie et une instruction en santé naturelle, écologique et conviviale.
Il avait créé une méthode pour cesser de fumer qui a aidé des dizaines de milliers de personnes à cesser cette habitude nocive dans de nombreux pays.
Quand la saison de son «université d’été» était terminée, il repartait sur la route des congrès et des salons où il prononçait des conférences instructives, souvent accompagnées de démonstration.
Il a formé des centaines de conseillers hygiénistes et de naturothérapeutes qui suivaient leurs cours théoriques par correspondance et leurs cours pratiques pendant les mois de juillet et août. J’ai suivi certains de ses cours à distance, fait les travaux assez exigeants et reçu ses commentaires précis et pertinents. J’ai beaucoup appris de ses connaissances théoriques élargies et de son expérience pratique considérable.
Pendant dix ans, il a enseigné la naturothérapie à l’université de Paris XIII à Bobigny, première université française à offrir une telle formation qui était destinée aux professionnels de la santé.
 
Conseiller en ressources humaines
Entre ses activités d’enseignement et d’édition des méthodes naturelles de santé, il gagnait sa vie comme conseiller en ressources humaines pour d’importantes entreprises. Il conseillait les dirigeants sur la sélection et le développement des membres de leur personnel. Il était un expert en morpho-psychologie, analyse du type psychologique et des aptitudes par la forme du visage et du corps et en graphologie, analyse du caractère et de la personnalité par l’écriture. En moins d’une heure, il pouvait définir le type d’une personne et établir dans quels postes elle serait efficace.
 
Personnalité controversée
Passebecq aimait le débat et la polémique : à quelques reprises il a été accusé de pratique illégale de la médecine, notamment suite à la diffusion de son programme Cessez de fumer en 10 jours, et ses témoignages en cour étaient pour lui l’occasion de défendre les méthodes naturelles de santé. Sa plus grande satisfaction était d’aider des milliers de gens à retrouver et conserver leur santé. Il ne manquait donc pas une occasion de contester la médecine officielle et de traiter de noms disgracieux ceux qui répandent des traitements qui font plus de torts avec les «effets secondaires» de leurs méthodes.
Il n’était pas peu fier d’avoir initié un cours universitaire en naturothérapie où il amenait des professionnels de la santé à faire table rase de toutes leurs interprétations antérieures qu’ils prenaient pour la vérité avant de les instruire des concepts et techniques propres à l’hygiène vitale, terme qu’il préférait à hygiène naturelle.
Il enseignait comme les maîtres de sa génération : les élèves devaient y participer pour connaître sa pensée et non pour faire valoir la leur. Ses cours, alimentés par sa large érudition, n’étaient pas dénués d’humour.
 
Pionnier de la santé autonome
À 25 ans, André Passebecq avait lui-même cherché vigoureusement et finalement trouvé dans les méthodes naturelles une façon de se guérir d’un ulcère d’estomac, après avoir essayé les applications inefficaces des approches médicales. Par la suite, il a mis toutes ses énergies à connaître et faire connaître ces approches efficaces et non violentes.
Comme il n’y avait alors pas d’écoles en France, il est allé étudier en Angleterre la médecine dite naturelle dans une petite université qui avait sa propre clinique et où les cours commençaient le matin par une tournée des patients résidents et se poursuivaient par l’analyse de ces cas puis par les cours d’anatomie, physiologie et prophylaxie. Il a complété sa formation par des cours dans plusieurs instituts privés et stages comme résidents dans des cliniques utilisant les méthodes naturelles comme celle de Thomson en Écosse, qui dirigeait aussi une formation professionnelle à l’université d’Édimbourg. Il importa la méthode de rééducation visuelle de Bates après avoir reçu son diplôme de cette école à Londres. Il ne cessa de chercher, trouver, expérimenter, enseigner toutes les approches qui pouvaient contribuer à la santé et à la qualité de vie par des méthodes naturelles et non violentes.

 

Entrevue avec Lucienne Nappert, thérapeute biopsychologique

 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir de devenir bio-psychothérapeute?
D’abord de façon inconsciente, mon projet de vie d’aider l’autre et ensuite de mon profond besoin de comprendre l’origine, la cause de la « maladie », l’histoire sous les malaises, le mal-être, les symptômes, la souffrance.
Combien d’années d’expérience avez-vous comme thérapeute biopsychologique ?
16 ans.
Combien de thérapies biopsychologiques avez-vous conduites ?
324 personnes, ce qui représente 6,635 heures.
Quelle formation avez-vous prise pour devenir bio-psychothérapeute?
Une formation d’une durée de 3 ans à l’École québécoise de formation de psychothérapeutes et à l’École française d’analyse psycho-organique. Le programme comprenait des bases théoriques et pratiques, des supervisions et, un séminaire de 5 jours à chaque été. De plus, une démarche psychothérapeutique personnelle d’une durée minimale de 100 heures, une psychothérapie de groupe, des lectures, la rédaction de rapports écrits. Comme mémoire-synthèse j’ai présenté « L’inceste spirituel au royaume patriarcal, Un moule à casser ». L’engagement à la profession de psychothérapeute implique un perfectionnement professionnel continu, une connaissance et un respect de ses limites, une capacité de demander de l’aide au besoin. Antérieurement à tout ce qui précède, j’avais déjà cumulé plus de 1 000 heures de formation en approche psychocorporelle et énergétique.
Pourriez-vous nous décrire brièvement votre métier de thérapeute biopsychologique?
Essentiellement, il s’agit d’un processus d’accompagnement thérapeutique dont le but est le mieux-être de la personne. Mon métier de bio-psycho-thérapeute consiste donc à :
1) accueillir la personne avec considération de toute sa personne, de son histoire.
2) guider la personne vers son mieux-être, voire sa guérison : à partir de sa motivation à consulter, de ses malaises et symptômes, réviser ses conflits d’origines.
3) soutenir la personne dans sa construction ét l’accompagner vers des actions concrètes.
Chaque personne est unique et demeure en tout temps maître de ses choix. Notre objectif étant de favoriser l’autonomie, il est capital que la personne s’investisse activement, c’est son histoire, SA VIE. Dans notre approche il n’y ni coupable ni victime. On procède à une re-lecture de la réalité, à une analyse objective de l’histoire et du vécu de la personne.
Quelle motivation vous a conduite à exercer cette profession?
Je suis venue au monde pour « aider maman ». Mes parents à l’époque ont déjà 2 enfants garçons nés à 1 an et 4 mois d’intervalle, et ma mère souffre d’anémie. Solution pratique: « On va vite faire un autre bébé qui sera une fille, car maman a besoin d’aide. » Dès ma naissance j’ai aidé maman en étant un « bon bébé ». Puis j’ai accompli les tâches ménagères bien avant l’âge de 10 ans. À 13 ans, j’ai choisi de faire mes études par correspondance car maman était malade, et mon frère revenu du collège un an plus tôt, souffrait d’épilepsie. Mon père me dit, que je ne peux aller au pensionnat, car «Maman n’est pas assez bonne. » Je dois être bonne et aidante. Alors, je complète trois ans d’étude en deux ans, tout en prenant en charge les tâches ménagères et en aidant aux travaux à la ferme et à l’érablière. Mes premiers emplois consistent à aider mes tantes et autres dames dans leurs tâches ménagères. Quelques années plus tard, je choisis la « relation d’aide » ! Je croyais pourtant avoir fait un choix conscient !
Pourquoi et quand devrait-on opter pour une thérapie biopsychologique?
La thérapie biopsychologique peut venir en aide à toute personne qui vit des souffrances, des malaises, des maladies, ou qui veut faire le point afin de prendre une décision éclairée ou qui désire s’épanouir en étant responsable de sa santé. En d’autres mots, dès qu’on sent que sa santé physique et/ou émotionnelle ne satisfait pas ses aspirations.
Quelle fréquence et quelle durée peut-on prévoir pour une thérapie biopsychologique ?
Au début les consultations ont lieu une fois par semaine puis par deux semaines, puis par mois, pour une période à déterminer avec chaque personne. Chaque cas est différent. Si la personne dispose d’un temps prédéterminé on travaille alors sur l’essentiel.
Quelles différentes approches utilisez-vous en thérapie biopsychologique ?
J’utilise principalement l’Analyse psychocorporelle dynamique, le Décodage biologique, la Biopsychogénéalogie et l’Empreinte de naissance.
 Qu’est-ce que l’analyse psychocorporelle dynamique ?
 Cette approche tient compte du développement bio-psycho-social-affectif de la personne, et se fonde sur l’énergie vitale de la personne pour favoriser l’harmonie entre les plans physique, émotionnel, mental et spirituel. Elle est fondée sur une vision globale de la personne, et traite le corps en unité avec l’esprit, en interaction avec son environnement. Elle s’appuie sur le noyau sain de la personne, sur ses besoins, sur l’observation des structures corporelles, la circulation de l’énergie dans le corps et l’analyse des attitudes fondamentales. Elle relie les souffrances et les blocages à des situations antérieures non résolues. Ainsi, elle facilite le déploiement de l’essence de la personne et la découverte du sens de sa vie.
Peut-on voir comment cette méthode s’applique à l’aide d’un exemple?
Un homme de 40 ans décrit sa motivation à consulter : « Je suis entrepreneur et j’ai de la difficulté à prendre des décisions. Je vis de l’angoisse, de l’anxiété, ici (montrant ma poitrine), mes mains tremblent, et ça me prend aux tripes. »
Il a deux ans quand sa mère coupe tout lien avec son mari, incluant la pension alimentaire. Elle n’en pouvait plus de vivre avec un « ado irresponsable ». Elle apprend ensuite qu’elle est enceinte à nouveau. Elle décide de ne pas en informer le père. Jusque là l’enfant avait reçu attention et amour de sa mère, de son père, de sa grand-mère et de son grand-père paternels, de son parrain et de sa marraine. Soudainement il vit l’abandon de toutes ces personnes. Sa mère est occupée, préoccupée de sa survie, de celle de son enfant et de celle de son enfant à naître. Il refoule la douleur pour ne pas la sentir. Puis son frère vient au monde péniblement; dorénavant sa mère consacre son temps à cet enfant souvent malade, hospitalisé et hyperactif. Puis viennent les changements de résidences, d’écoles et par la suite d’emplois. À tous les deux ans environ, il vit des coupures de ses amis, voisins, compagnons de classes, collègues de travail. Par la suite, il met fin à ses relations au même rythme. S’installe alors un cycle de deux ans où alternent une forte adrénaline et un état de lenteur et de confusion.
Il consulte pour faire le point sur sa vie, savoir « d’où je viens, où je suis et où je veux aller ». Il veut construire et intégrer son individualité, donner un sens et guérir du « conflit du mouton ».
Cet homme se rend compte maintenant que sa respiration est alors superficielle et qu’il a depuis cet âge porté le fardeau de se sentir seul. Cette absence du « père bon » répétait un scénario familial paternel et maternel. Par « loyauté familiale » il a reproduit le couple où l’un trouve les solutions et l’autre se comporte en enfant. Tous ses femmes « se sont arrangées seules », modèle que sa mère lui a transmis à l’époque où comme enfant il a reçu son empreinte.
Il consacre alors son énergie à construire en lui la confiance qu’il n’a pas pu construire à l’origine. Il affirme : « Je sens que je peux être qui je suis. Je peux demeurer en relation ou pas selon mes choix actuels, et me sentir accompagné et soutenu. »
Qu’est-ce que le décodage biologique?
Le Décodage biologique permet de remonter jusqu’à la cause des malaises ou maladies, au conflit d’origine. Le patient reste maître de cette exploration : le thérapeute lui fournit des outils. Cette approche s’appuie la fonction biologique de l’organe malade. Ainsi, on sent ou ressent, le ou les conflits d’origine. Le retour à la santé devient alors possible.
Peut-on voir comment cette méthode s’applique à l’aide d’un exemple?
Un homme, 45 ans, grand, poids santé, très belle apparence, me consulte dans le but de « sortir de ses souffrances ». « Je me sens tout coincé en dedans. Je me sens coupable. Je veux tout le temps plaire à tout le monde. Je stresse, j’angoisse. Je vis des frictions à la maison et je ne suis pas capable de dire ce que je pense. Dans ma tête on dirait que ça va exploser. »
À la recherche du projet qui a donné le sens de sa vie, qui a précédé sa naissance, il découvre que ses parents ont déjà un garçon de 3 ans. Ils consultent un médecin car la mère elle est malade. Les trois conviennent que la solution pratique est de faire un autre enfant. Donc, le projet, le sens de cette vie devient « guérir maman ». Il a 4 ans quand sa mère subit l’ablation du sein gauche. Dès l’âge de 6 ans il réalise qu’à chaque hiver maman est malade, de novembre au printemps. Il n’a passé que trois Noëls en famille. À 7 ans son père lui dit : « Tu n’aurais pas dû être ici. » Il se souvient de vivre de la culpabilité depuis l’âge de 12 ans. Quand il a 16 ans, sa mère décède des suites d’une tumeur au cerveau. Suit pour lui des idées suicidaires, un état dépressif, des ulcères d’estomac. Il n’aimait plus son père, n’avait plus d’ami. « Je vivais une fermeture totale. C’était l’enfer !» À 19 ans, il consulte pour étourdissements et sommeil perturbé; on lui diagnostique une hypertension artérielle. Quand il a 40 ans, son frère, atteint de schizophrénie depuis l’âge de 21 ans, décède d’un arrêt cardiaque. Dès lors, il ne dort plus que 2 à 3 heures par nuit.
Il me consulte 5 ans plus tard; nous tenons 9 rencontres thérapeutiques. À la huitième rencontre, il dit : « J’ai toutes mes réponses. » Il a vécu une « libération » sentie lors de la rencontre précédente. Son médecin lui confirme que sa tension artérielle est beaucoup mieux. Et dorénavant il dort 7 à 8 heures par nuit. Il se sent bien, soulagé, n’a plus ni maux d’estomac, ni palpitations. « Je n’ai plus de poids sur les épaules, ni de stress, ni de questionnements. Pour une des premières fois je vais bien et je sens que je me repose. » Le mois suivant il revoit son médecin et abandonne sa médication.
Qu’est-ce que la biopsychogénéalogie ?
La Biopsychogénéalogie examine la dimension affective de l’arbre généalogique familial, et les principaux événements de vie: naissances, mariages, maladies, accidents, déménagements, occupations, retraite et place dans la famille. Elle met en évidence les relations de la personne avec les membres de sa famille sur plusieurs générations. Retourner à ses racines permet à la personne d’identifier des programmes souvent révolus, de s’en libérer selon son choix actuel et, ainsi, de vivre pleinement sa vie.
Peut-on voir comment cette méthode s’applique à l’aide d’un exemple?
Une jeune femme, née de parents carriéristes, chez une gardienne à temps plein dès l’âge de 4 mois et les weekends chez ses grands-parents paternels, me consulte à 24 ans. Désirant devenir enceinte, elle a cessé de prendre des anovulants, mais son cycle menstruel n’a pas repris après six mois. À ma question « Qu’as-tu vécu de pire dans ta vie? » elle répond « Ma non relation avec ma mère. » Elle est consciente qu’elle a besoin d’aide pour comprendre ce qu’elle vit.
Sa mère lui a révélé qu’à l’époque de sa naissance elle avait fait le choix de sa carrière. Dès l’âge de 4 mois, elle a été privée de l’attention et l’amour de sa mère.
Elle découvre que cette histoire de non relation avec la mère se répète de génération en génération. Elle qualifie sa grand-mère maternelle de dominante, froide, distante, non chaleureuse. Selon ses observations, aucun lien d’attachement n’existe entre sa mère et sa grand-mère, tout comme il n’y a aucun lien entre sa mère et elle.
Il lui reste alors à construire la mère « bonne » pour elle-même. Puis elle rencontre sa propre mère. Elle construit sa relation avec elle de façon consciente, en adulte. Puis, six mois plus tard, elle m’annonce avec joie le retour de son cycle menstruel. Elle a hâte d’être enceinte et se sent mieux préparée à son rôle de mère.
Qu’est ce que l’empreinte de naissance?
L’empreinte de naissance gouverne nos vies. Un traumatisme grave précoce, avant la naissance jusqu’à l’âge de 3 ans, devient une empreinte, un état permanent. L’empreinte traumatique provient souvent d’une naissance difficile ou de l’absence d’une relation d’amour entre la mère ou le père et l’enfant. Par exemple, on ne s’occupe pas de l’enfant juste après sa naissance, on ne le prend pas dans ses bras, on ne le caresse pas. L’empreinte « Je suis tout seul » peut alors marquer. Ce sentiment peut n’être exprimé que bien des années plus tard.
Les 27 mois fondamentaux — 9 mois avant la conception, 9 mois de grossesse et 9 premiers mois de vie — imprègnent notre inconscient biologique; c’est l’Empreinte de naissance. empreinte de naissanceL’inconscient est biologique. La biologie de l’enfant est imprégnée par le vécu psychologique des parents.
La lecture de ces événements nous permet de découvrir et de dégager notre empreinte. Prendre conscience de cette structure peut nous aider à changer notre regard sur nous-mêmes et sur notre vie. En effet, à la lecture de notre empreinte, les événements de notre existence prennent un sens.
Peut-on voir comment cette méthode s’applique à l’aide d’un exemple?
Une jeune femme de 25 ans a peur de mourir tous les jours et se fait vomir depuis l’âge de 17 ans. Alors que ses parents sont partis en vacances et que sa grand-mère paternelle confectionne sa robe de bal et prend ses mensurations tous les jours, elle s’est fait vomir après chaque repas de la semaine. Tant et si bien qu’elle perd le poids « superflu » pointé par sa grand-mère. Je lui propose de re-sentir ce qu’elle ressentait alors, dans son corps, chaque fois que sa grand-mère prenait ses mensurations. Elle répond : « Une pression énorme. »
Elle est née prématurément par césarienne à 7 mois de grossesse. « J’ai failli mourir. » D’où l’empreinte de sa peur de la mort. Sa mère lui a dit : « J’étais tellement paniquée, j’ai eu 5 minutes pour parler à ton père, j’ai eu très peur. On m’a mis le masque. Je suis devenue paniquée, figée. Après, je n’ai pas pu te voir ni te prendre dans mes bras pendant 2 jours et tu avais un sac d’oxygène sur la tête. » Elle demeure 2 mois en incubateur : « Tu n’étais pas assez grosse. » Son entrée à la maison familiale était conditionnelle à son gain de poids. Elle découvre : « Je vois en quoi j’ai voulu avoir un corps idéal. C’est la première exigence qu’on a eu envers moi. Alors, au moment d’obtenir ma robe de bal je dois avoir le corps idéal. »
À la troisième rencontre, elle est radieuse et contente de dire : « Je mange et je bois naturellement. » Elle a vécu quelques « crises de boulimie » et réussi à ne pas se faire vomir. Puis elle parle à sa mère qui lui raconte : « Quand on a autorisé ta sortie de l’hôpital ce fût à la condition que tu sois nourrie au sein. Toutefois, pendant plusieurs jours tu pleurais sans cesse, on est donc retourné voir le médecin qui a constaté que tu ne buvais pas assez, que tu étais affamée et ce depuis une semaine. Il t’a donné le lait maternel à boire au biberon et tu en as bu la quantité de 3 biberons. Ce soir là, revenue chez moi, j’ai éclaté en sanglots. J’ai pleuré ma vie. Maintenant je respire bien. »
Elle a donc survécu en consommant beaucoup de nourriture en peu de temps; elle répétait ce scénario dans sa vie. « En écoutant ma mère me raconter ça, j’ai eu un déclic dans ma tête. Je n’ai jamais toléré la faim. »
Puis, elle parle de son père exigeant qui la grondait, « Finis ton assiette ! », même si certains plats « me levaient le cœur ». Un jour, à 7 ans, elle vomit et son père la gronde fort. Il est convaincu qu’elle fait exprès pour se faire vomir. « J’étais malpolie de ne pas apprécier la nourriture que maman faisait. Donc, solution, je mange, je finis mon assiette puis je me fais vomir. » De plus, mon père exigeait de maman qu’elle laisse pleurer le bébé la nuit. Donc elle manque d’attention, d’amour de maman et de papa.
Lors de souper entre amis, elle leur révèle son secret, que seul son conjoint connaissait. Elle est de moins en moins isolée. Aux yeux des autres elle est devenue humaine. Fini de n’être que « le poids idéal ». Aussi, ses parents sont devenus « humains », ils sont, à ses yeux, descendus de leur piédestal.
Toutefois, n’ayant pas appris à faire confiance avec ses parents, elle ne pouvait faire confiance à son conjoint. Et son conjoint se comportait de façon à lui confirmer ce ressenti. Il abusait de l’alcool, restait limité dans sa carrière. Puis, elle a vécu une rencontre véritable avec son conjoint, « une méga discussion ». Elle est sortie de l’isolement. Les deux sont sorti de l’isolement et sont maintenant capables d’authenticité l’un envers l’autre. Elle se sent en confiance.
Puis, lors d’une dernière consultation, la 9e, elle arrive les yeux brillant, avec un magnifique sourire. Ses dernières nouvelles : « La boulimie, c’est fini. Et ce depuis le déclic. Je me sens soulagée. Je sens qu’on a travaillé bien et vite. Je suis impressionnée de l’effet domino autour de moi. Je suis en période de reconstruction. Je commence des études universitaires avancées, payées par mon employeur. Mon conjoint aussi a été approché par un nouvel employeur, qui, lui aussi lui paie des études. Il est devenu différent, et ma perception de lui à changé pour le mieux. Nous avons maintenant des projets communs. Je vois un avenir pour nous. Ma joie je la sens partout dans mon corps. La dernière chose qu’il me reste à régler, c’est de révéler à mes parents que j’ai souffert de boulimie. J’ai le sentiment que je n’ai plus besoin de revenir en consultation. »
Elle tourne un chapitre de sa vie. Et elle voit ses parents différemment: « Mes parents forment le plus beau couple que je connaisse. »
Quels conseils donnez-vous à une personne qui veut entreprendre une thérapie biopsychologique ?
Vous assurer des compétences du ou de la thérapeute. Demander des recommandations aux personnes de votre entourage à qui vous faites confiance et qui ont déjà consulté en psychothérapie. Puis, vous fier à la confiance que vous ressentez en contact avec ce thérapeute.
Comment se déroule une consultation? Quel genre de questions sera posé ?
Lors des premières rencontres, on révise l’histoire de la personne, qui peut déjà faire des liens entre son senti actuel et l’origine de certains conflits.
On voit d’abord la motivation et l’état actuel de la personne:
«Quelle est ta motivation à venir consulter maintenant?»
«Pourquoi choisir une thérapie d’approche biopsychologique?»
«Comment te sens-tu dans ton corps?»
«Comment sens-tu ta respiration?»
«Depuis quand souffres-tu de…?»
Puis on explore des sources possibles de traumatisme :
«Quelle est la pire chose qui te soit arrivée dans ta vie?»
«Aussi loin que tu te souviennes, quelle a été ta qualité de relation avec ton père, ou avec ta mère?»
On construit son arbre généalogique et on situe père, mère, frère(s), sœur(s), leur date de naissance/décès, fausse couche, avortement, séparation, divorce, remariage, état de santé de chacun.
«Dans quelles conditions es-tu né/e?»
«Que se passait-il dans ta famille aux différentes étapes de ta vie?»
On résume ce qu’on a vu et on fait des liens entre ses motivations à consulter, ses symptômes, son mal être, et certaines expériences de sa vie.
Dans la séance suivante on examine les 27 mois autour de la naissance.
«Comment s’est vécu l’accouchement?»
«Comment s’est vécue la naissance?»
«Quels liens as-tu faits entre ta condition et ton histoire personnelle?»
Lors des rencontres subséquentes, on voit ce que la personne vit présenement.
«Qu’as-tu vécu depuis la dernière rencontre?»
«Comment est ton sommeil?»
 «As-tu fait des rêves particuliers?» Etc.
Qu’observe-t-on dans son corps pendant la thérapie biopsychologique ?
En bref, plus la thérapie avance plus la personne se sent libre et sa santé s’améliore.
On peut observer des crises de guérison, par exemple des maux de tête, souvent la nuit, période où l’organisme se rééquilibre. On peut vivre une grande tristesse non exprimée à l’origine ou une douleur intense quand certaines tentions débloquent.
Que recommandez-vous de faire avec ces malaises ou ces douleurs ?
Tout simplement d’en prendre soin, les accepter, les re-sentir, laisser le corps s’exprimer, respirer en portant attention aux endroits où ça se manifeste.
Recommandez-vous de faire des activités particulières pendant la thérapie biopsychologique?
Je recommande de prendre du temps pour soi chaque jour, d’être un parent bon pour soi-même.
De quoi peut-on guérir par la thérapie biopsychologique ?
Je ne guéris rien ni personne. Toute personne a en elle la capacité de s’autoguérir, toutefois quand on est dans un conflit souvent on ne le voit pas. J’ai été témoin de disparition de plusieurs symptômes : hypertension, angoisse, stress, anxiété, boulimie, emphysème, alcoolisme, toxicomanie, dépression nerveuse, etc. Aussi, la satisfaction au travail, et l’harmonie dans le couple qui reprend vie. La personne devient un « parent bon » pour elle-même, et peut enfin vivre SA VIE LIBREMENT. Sa vie a un sens. Elle sent en elle « un esprit sain dans un corps sain ».     

 

Hommage à André Passebecq

 

Hommage à André Passebecq décédé le 6 novembre 2010 à 90 ans et avec qui j’ai collaboré pendant plus de 20 ans.
La vie d’André Passebecq fut un combat de son premier à son dernier jour.
A 20 ans, engagé dans la gendarmerie pendant l’occupation, il eu accès à certains privilèges : « grande bouffe », tabac, alcool à volonté. Il développa un cancer débutant de l’estomac et des rhumatismes aigus. Il refusa la thérapie officielle et pris contact avec Horace Jarvis qui prétendait que tout se guérissait avec une alimentation appropriée. André retrouva la santé en moins de 4 mois. Il décida alors de vouer sa vie à la cause des méthodes naturelles de santé.
Il reprit différentes études qui lui donnèrent les connaissances nécessaires pour divulguer au mieux la cause qu’il défendait. Il possédait une érudition incomparable des différentes approches de la santé, se tenant constamment au courant des nouveautés dans ce domaine.
André Passebecq a créé l’association Vie et Action en 1960 ainsi qu’une revue du même nom qui abordait les facteurs naturels de santé et traitait avec précision les différents aspects : alimentation, grossesse et maternité, exercices, relaxation, psychologie, relation, jardinage. …
Nous avons beaucoup travaillé à la réalisation d’une formation complète de naturopathie fondamentale. Nous avons formé, par des cours à distance et des formations pratiques, des centaines de conseillers hygiénistes et de naturopathes.
Vie et Action a organisé plus d’une quinzaine de congrès nationaux et internationaux. Les plus percutants ont sans douté été « On les disait incurables, et pourtant…. ».
Il a entre autre aussi créé une méthode pour cesser de fumer qui a aidé de nombreuses personnes à se libérer du tabac.
Nombreux sont ceux qui ont vu leur vie transformée par la rencontre d’André Passebecq, notre enseignement, les correspondances, la lecture des si nombreux livres et articles, les congrès, les conférences.
André Passebecq osait affronter les instances publiques pour affirmer que la santé doit emprunter les voies simples pour exister. Il aimait le débat et la polémique. Nous avons parfois été accusés de pratique illégale de la médecine.
Sa plus grande satisfaction était d’aider les gens à retrouver et conserver leur santé. Il ne manquait pas une occasion de contester certaines techniques médicales ou pseudo-naturelles et dénoncer l’exploitation éhontée de personnes malades. Il pouvait traiter de noms disgracieux ceux qui prônaient des traitements suppressifs des symptômes mais nocifs à long terme.
 La reconnaissance officielle de son enseignement fut couronnée par sa nomination de chargé de cours pendant dix ans à l’université de Paris XIII à Bobigny, première université française à offrir une telle formation destinée aux professionnels de la santé. Il n’était pas peu fier d’amener des médecins à faire table rase de toutes leurs interprétations antérieures qu’ils prenaient pour la vérité de la réalité avant de les instruire des concepts et techniques propres à l’hygiène vitale, terme qu’il préférait à hygiène naturelle.
Entre ses activités d’enseignement et d’édition, spécialisé en ressources humaines, expert en morphopsychologie André Passebecq conseillait des dirigeants d’entreprise et des administrations pour le recrutement et le développement des membres de leur personnel.
Depuis plus de 60 ans André Passebecq a livré de nombreux combats pour la reconnaissance et le développement des méthodes naturelles de santé. Ainsi disparait un pionnier de la santé autonome et de la naturopathie fondamentale d’origine hygiénique.
Son enseignement perdure par ceux que nous avons formés ainsi que grâce à l’institut YOSANA que j’ai créé en 2005.
Yolande Buyse, naturopathe
Collaboratrice et mère de 3 enfants d’André Passebecq

 

Entrevue avec Pierre Normandeau, éducateur de santé

 

Après 26 ans, j’ai retrouvé Pierre Normandeau au restaurant végétarien Le Commensal à Québec.
Au moment où j’étais membre de la coopérative d’aliments naturels que tu avais fondée, ce restaurant végétarien spacieux, aménagé dans un bel endroit, avec un menu varié et attrayant n’existait pas!
En effet, nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis les premiers mouvements verts. Nous étions alors des marginaux, mais il semble que notre message poursuit son chemin, exerce une certaine influence, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir : les méthodes naturelles authentiques, l’hygiénisme, reste encore peu connues. On croit à toutes sortes de potions qu’on appelle naturelles et on néglige l’essentiel : un mode de vie sain.
Comment as-tu commencé sur ce chemin de la santé?
Grâce à une subvention, que j’avais eu le talent d’obtenir, j’animais à la radio de l’Université Laval, destinée aux étudiants, mais qui était écoutée par un public plus large, composé surtout de professionnels…
Oui je me souviens, j’écoutais cette émission.
Une émission qui visait à prévenir le sida et la consommation de drogues. Nous parlions bien sûr de l’importance de se protéger en portant ou en exigeant le condom, des risques des stupéfiants, mais aussi de l’importance de mener une vie saine pour rester en forme… et en vie. J’abordais donc tous les facteurs de santé.
Comment es-tu devenu animateur de radio.
J’avais commencé comme animateur de radio en région, puis j’ai obtenu une bourse d’étude en radio, télévision, cinéma et je suis allé étudier ces méthodes à l’École Polytechnique Ryerson de Toronto.
Et comment en es-tu venu à l’hygiène naturelle?
J’étais attiré par tout ce qui était à l’époque appelé «alternatif», et qu’on appelle aujourd’hui «écologique» ou «vert». Pour moi tout se tenait, la vie saine, l’autonomie en santé, l’agriculture biologique, les énergies douces, éolienne, solaire, les économies d’énergie, l’autoconstruction, l’isolation de maisons en ballot de paille, etc. J’invitais et j’interviewais des experts dans chacun de ces domaines. Je tentais d’influencer les gens vers ces idées-là.
Et ces idées se répandaient?
D’une façon oui. Ça ne veut pas dire que ça devenait une mode pour tout le monde, mais les nombreux jeunes qui recherchaient un mode de vie alternatif. J’ai été un des cofondateurs de plusieurs organismes : le Club de recherche en alimentation coopérative, un magasin coopératif d’aliments naturels, à une époque où il n’y en avait pas en ville, puis le Mouvement des coopératives d’alimentation naturelle, un chapitre local des Amis de la terre, un organisme écologique, le Mouvement pour l’agriculture biologique, pour en nommer quelques-uns.
Et quels moyens de diffusion employais-tu?
C’était des conférences, la publication de bulletins, la traduction et la publication d’ouvrages peu connus, la vente de livres; par exemple, j’ai conçu un napperon illustrant les combinaisons alimentaires adéquates et j’en ai vendu 50 000 au cours des années. Je les vendais par la poste, lors des conférences, par l’intermédiaire des centres de santé et de jeûne, certaines librairies spécialisées et les magasins d’aliments naturels. J’animais aussi des émissions à la télévision communautaire. Je produisais des cassettes audio et vidéo que je distribuais ensuite. Par exemple, j’ai obtenu une subvention du ministère de l’Éducation pour animer des activités d’éducation populaire sur l’agriculture biologique, l’alimentation végétarienne, l’hygiénisme, etc. J’ai organisé des congrès où j’ai invité de grands conférenciers dans le domaine de la santé naturelle : Claude Aubert, agronome, Jean Rocan, biologiste, Marcel Boivin et bien sûr Désiré Mérien, biologiste et docteur en hygiène vitale, que je considère comme le plus grand auteur en hygiénisme.
Qu’apporte-t-il de nouveau ou de plus dans la science et l’art de l’hygiénisme?
Mérien a par tâtonnement et par observation découvert la méthode du jeûne par paliers alimentaires, il a fait des observations spécifiques sur les variations de poids et de pouls pendant le jeûne, il a distingué les protéines maigres et les protéines grasses, ainsi que la biorespiration. Avec ces méthodes on peut conduire des jeûnes avec beaucoup plus de précision et d’efficacité. Ces livres sont ceux qui expliquent avec le plus de précisions et de nuances les méthodes de santé naturelle. Il parle en scientifique et en professeur qu’il est : il explique en détail ce que la biologie nous apprend. De plus, c’est l’hygiéniste qui a l’esprit le plus ouvert, qui ne critique pas les autres et propose à ses lecteurs ou aux résidents de son centre, différentes avenues que chacun peut moduler à sa façon. Tout le monde ne doit pas nécessairement jeûner : certains font une cure crue, d’autres une cure de jus et la plupart font une variation des paliers alimentaires en adoptant un menu plus léger, selon leur condition physique et leur motivation. J’ai d’ailleurs séjourné un mois dans son centre sans jeûner, même si je considère le jeûne comme très efficace.
Comment se passait la vie quotidienne dans ce centre?
D’abord, c’est un endroit très beau : une belle architecture, une maison de trois étages qu’il a fait construire, avec une douzaine de chambres, qui ressemble à un château, avec une belle vue sur la mer. La vie y est très relaxe, je faisais une descente progressive par paliers alimentaires et je participais à la séance quotidienne de biorespiration qui avait lieu en fin d’après-midi.
Parle-nous de cette biorespiration, qui est une innovation en hygiène naturelle.
Mérien a observé que spontanément des jeûneurs se mettaient à respirer plus profondément et plus rapidement pendant une certaine période, que cette activité déclenchait des émotions très diverses et qu’après les gens se sentaient beaucoup mieux. Il l’a expérimenté lui-même, en a constaté les bienfaits et l’a ensuite enseignée à des centaines de personnes. J’ai ainsi découvert en moi beaucoup de joie refoulée. On croit que la biorespiration ne déclenche que des émotions négatives, des peurs et des pleurs, mais ce n’est pas le cas. Pendant les séances, j’étais pris d’un rire incontrôlable! Depuis, je suis plus facilement ému et plus expressif. J’étais un bourreau de travail et maintenant je prends le temps de m’émerveiller devant la beauté de la nature, la musique.
Tu as étudié avec Mérien. Tu suivais des cours là-bas?
Pas vraiment. J’étais parti là pour me remettre en forme. J’avais fait un accident vasculaire cérébral. Et ce séjour m’a fait beaucoup de bien. J’ai étudié avec Mérien surtout quand je l’ai fait venir pour des séries de conférences et de cours.
Comme tu as abordé ton état de santé, laisse-moi te poser une question indiscrète. Es-tu venu à l’hygiène naturelle comme plusieurs l’ont fait? On sait que Mérien était très mal en point à la suite d’une vaccination intempestive, que Passebecq s’était guéri d’un ulcère à l’estomac par les méthodes naturelles, et on pourrait en nommer d’autres. Ils voulaient partager avec les autres les bienfaits qu’ils avaient obtenus pour eux-mêmes.
Non. Comme je t’ai dit, je suis venu à l’hygiénisme par intérêt pour tout ce qui était naturel, écologique, coopératif, autonome. Mais quand j’ai eu des problèmes de santé, j’étais très content de connaître ces méthodes. Une fois, j’ai eu une mastoïdite très douloureuse; j’ai jeûné et comme tu t’en doutes, je me suis rétabli. Une autre fois j’avais une hernie inguinale. Eh bien, même si on dit que le jeûne n’y peut rien changer, en jeûnant 10 jours je me suis débarrassé de cette hernie. Mais j’ai jeûné une quinzaine de fois entre 7 et 33 jours. J’aime jeûner l’été, quand il fait chaud et qu’on peut s’étendre dans un hamac, toujours à la campagne, bien sûr, souvent avec d’autres amis qui jeûnaient aussi; la compagnie d’autres jeûneurs aide à en faire une expérience sereine. La dernière chose qu’il faut faire, c’est de jeûner en ville, dans une maison où il y a toutes sortes d’aliments dans les armoires et le frigo et des personnes qui s’opposent au jeûne. Je connais une personne que sa famille et ses amis ont amenée de force à l’hôpital et qu’on a forcée à manger après sept jours de jeûne! J’ai fait mes premiers jeûnes dans un centre de santé avec la supervision d’une infirmière devenue hygiénisme. J’ai expérimenté toutes les formules de jeûne, le jeûne intégral à la Shelton ou Rocan, la méthode des paliers alimentaires à la Mérien, le jeûne suivi du demi-jeûne avec une demi-pomme par jour à la Mosséri, et même d’autres. Après plusieurs expériences, je savais à quoi m’attendre et pouvais me superviser moi-même J’ai aussi conseillé plusieurs personnes.
As-tu pensé à ouvrir toi-même un centre de santé et de jeûne?
Non, pas vraiment. Mais j’ai accompagné une équipe d’hygiénistes dans les Antilles avec le projet d’y établir un centre de santé et de jeûne dans un domaine où nous aurions aussi pu résider en hiver. Nous sommes passés près de fonder ce centre. Je les avais amenés visiter des plantations biologiques, des bananeraies, des orangeraies, des goyaveraies, etc. Et il ne s’agissait plus qu’à rassembler un million! Mais c’est une somme qui aurait pu être rassemblée en groupe. Je crois que ce sont des divergences de vision qui ont fait avorter le projet.
As-tu été attiré par ces pays chauds?
J’aime beaucoup les voyages, mais pas les saucettes touristiques d’une semaine dans les endroits achalandés. Je préfère les voyages de trois ou quatre mois, où je peux prendre le temps de connaître le pays et les gens. J’ai séjourné dans quelque 20 pays différents ; la Californie, l’Angleterre, l’Irlande, la France, les Antilles, la Dominique, le Venezuela, La République dominicaine, le Mexique, etc. J’ai même fait une expédition cinématographique dans une peuplade primitive précolombienne, dans la Sierra Madre, au Mexique. J’y ai filmé un documentaire qui est passé à Télévision Ontario et dont les bandes ont été acquises par le Musée royal des civilisations de Toronto.
As-tu appris des choses sur la santé en observant ces indigènes? Étaient-ils en santé? Pratiquaient-ils des méthodes de santé particulières?
J’accompagnais le médecin de l’état qui leur faisait sa visite semestrielle et le recensement en même temps. Il leur donnait un peu de vitamines, sans plus. Ils étaient très beaux, musclés, endurants, avaient de bonnes dents jusqu’à un âge avancé. Ils mangeaient deux repas frugaux par jour, le matin et le soir, buvaient peu, deux ou trois gorgées, et repartaient dans l’expédition que nous menions. Ils vivaient presque en autarcie, allaient faire certains achats en ville. Le gouvernement leur livrait par avion des boissons alcoolisées, gazeuses, de la farine et du sucre blancs, etc. Mais ces aliments étaient comme des gâteries, car leur menu principal provenait de leur culture. Ils avaient par exemple leur propre alcool, qu’ils fabriquaient avec des cactus ou des céréales.
Dans tous tes voyages, as-tu trouvé le paradis terrestre?
Oui, au Mexique.
Tu as connu plusieurs grands hygiénistes. Quel souvenir gardes-tu d’eux?
À part Mérien, dont j’ai déjà parlé, j’ai bien connu Rocan, un homme désintéressé, très généreux, dévoué; je l’ai invité souvent à donner des conférences et même si ce n’était pas toujours payant, il venait quand même. Je l’ai appelé très souvent pour lui demander conseil pour moi-même ou pour d’autres et il était très généreux de son temps. J’ai aussi bien connu Virginia Vetrano que j’ai invitée à donner des conférences, car elle parle très bien français. C’est une hygiéniste studieuse, disciplinée, joyeuse et dynamique. Elle est belle à tout âge et respire la santé. J’ai aussi rencontré Sidwha, très érudit et très affable quand je suis allé à un congrès de la National Health Association.
Hygiéniste n’est pas une profession très reconnue. Comment as-tu pu gagner ta vie dans ce domaine?
Comme je t’ai dit, j’ai réalisé plusieurs projets grâce à des subventions que j’ai obtenues en en faisant la demande en bonne et due forme. Aussi j’ai fait la vente par correspondance de livres, de cassettes et d’autres ouvrages. J’ai un mode de vie frugal; je n’ai pas de voiture, une dépense très importante dans tout budget personnel; j’ai toujours économisé un mille par année, de sorte que j’ai pu un jour m’acheter une maison, qui comprenait plusieurs logements. Il faut dire que la personne qui me l’a vendue m’a fait un bon prix! Je ne manque de rien; je me suis procuré tous les livres que j’ai voulu lire, ou je les ai trouvés en bibliothèque. J’ai fait tous les voyages que je voulais et j’en ai fait plusieurs.
Et maintenant à quoi occupes-tu ton temps?
Je ne fais plus de conférence, je n’écris plus d’articles depuis que j’ai reçu une lettre de l’Ordre professionnel des diététistes-nutritionnistes, m’enjoignant de ne plus utiliser le terme «nutritionniste» et de ne plus prodiguer de conseil dans ce domaine.
Je crois que la loi leur a octroyé l’exclusivité des termes «diététiste» et «nutritionniste», mais pas l’exercice exclusif du conseil en alimentation. Bon, tu m’as dit ce que tu ne fais plus. Et alors que fais-tu?
J’entretiens ma propriété. Je cultive un assez grand jardin. Je vis dans un microclimat, dans la partie la plus chaude de la ville. J’ai des arbres fruitiers : des pommiers, des poiriers, des cerisiers, des pruniers et des vignes qui produisent un excellent raisin de table.
Il faudrait que j’aille voir ça! Merci pour l’entretien. C’était très agréable de te revoir dans ce décor chaleureux.

 

Entrevue avec Lucile Martin-Bordeleau, en forme à 86 ans

 

J’ai rencontré Lucile MartinBordeleau après une émission de télévision ou, avec cinq autres octogénaires, elle avait révélé ses secrets de vitalité et de longévité.
 
Bonjour Lucile ! Mon attention a été attirée par ta photo et un article paru il y a quelques mois dans un journal où on te voyait en train de faire du porteàporte comme candidate conseillère municipale. Il y a plusieurs années que je l’avais rencontrée dans une de nos réunions d’associations de santé naturelle. J’ai trouvé que tu devais avoir pas mal d’énergie pour ce travail ; je sais un peu ce que c’est ayant accompagné des candidats à cette élection dans ma municipalité! Qu’est-ce qui t’a motivée à te lancer en politique ?
Je trouve que dans ma ville, depuis des décennies, les décisions sont prises par une petite clique de personnes composée des élus municipaux et des gros entrepreneurs. Plusieurs groupes de citoyens ont manifesté leur désaccord et leurs besoins pour leurs quartiers, mais ils n’ont pas été entendus. Avec mon fils qui s’est porté candidat à la mairie, j’ai décidé de me lancer dans la bataille pour donner une voix plus démocratique aux citoyens. Même si dans l’article du journal dont tu parles ils disent que je représentais les besoins des électeurs du troisième âge, en fait je me préoccupais de tous les citoyens.
Ce doit être un engagement exigeant ?
Je passe cinq heures par jour à marcher, monter et descendre des escaliers, parler aux gens. Quand j’ai fini ma journée, je suis bien contente de me reposer. Mais je crois sincèrement que cette cause en vaut l’effort.
Cela confirme que tu jouis d’un haut niveau d’énergie. À quelles autres activités te consacres-tu maintenant que les élections sont passées ?
Je fais des conférences sur différents facteurs de santé, j’écris des lettres aux lecteurs de différents journaux et je m’adresse par téléphone à diverses stations de radio : je crois que nous sommes chanceux de vivre dans une société démocratique et ouverte, et que nous devons en profiter pour donner notre opinion sur les sujets importants comme la santé, l’environnement, la démocratie, etc. De plus, je suis bien occupée à faire le ménage de ma maison, faire l’inventaire de tout son contenu pour la vendre. Je veux aménager dans une maison plus petite, ce qui correspond mieux à mes besoins actuels. Et surtout, je prépare mon grand voyage : à chaque année, je fais un voyage d’un mois dans un nouveau pays. J’ai ainsi visité la France, l’Égypte, Cuba, la Thaïlande, la Virginie, les îles de la Madeleine, que j’ai aimé découvrir en marchant.
Cela semble t’intéresser beaucoup. Ça fait partie de ta recette de vie longue et active ?
J’ai toujours aimé voyager. À 20 ans, je suis partie avec trois autres filles pour découvrir la France en auto-stop pendant trois mois. Je crois que c’est un de mes secrets de vitalité : me sentir libre et donner suite à mon goût de la découverte et de l’aventure… à risque calculé. À l’époque, partir en voyage en France, c’était peu conformiste, et j’étais mineure, mais je n’ai pas attendu la permission de mes parents ! Le contact avec des gens d’autres pays, d’autres cultures, d’autres mentalités me donne une stimulation bienfaisante intellectuelle, émotionelle et physique puisque dans un voyage nous marchons beaucoup et faisons diverses activités.
Tu te gardes active, si je comprends bien.
Active physiquement, je marche beaucoup, j’ai joué au tennis jusqu’à 75 ans. Je continue à jardiner. Active intellectuellement, je pratique ma profession, je vais souvent au théâtre, je lis des livres, notamment sur l’histoire. Je garde l’esprit clair et vif, ma mémoire est bonne. C’est précieux à tout âge!
Comment en es-tu venue aux méthodes naturelles de santé ?
Dans mon adolescence, j’ai étudié pour devenir secrétaire et c’est dans ce métier que j’ai gagné ma vie jusqu’à ce que je me marie. Puis j’ai eu plusieurs enfants, cinq garçons, dont l’un est un coureur de marathon et qui a écrit un guide d’entraînement et d’alimentation pour cette épreuve de grand fond, un autre qui est metteur en scène à Paris, etc. Pour leur assurer une saine croissance et leur permettre de développer leur potentiel physique et intellectuel, j’ai pris mon rôle de mère avec responsabilité. Je lisais et me documentais beaucoup. Je m’assurais que mes jeunes aient un déjeuner nutritif et une collation nourrissante et attrayante en revenant de l’école : je leur faisais une variété de jus de fruits et de légumes frais, qu’ils appréciaient avec appétit. J’ai maintenant cinq petits-enfants, mais je me garde bien d’empiéter sur la responsabilité de mes fils de les élever selon leurs convictions. Pendant que j’élevais mes enfants, je suivais des cours à l’université en arts, en lettre et en langues. Une fois mes enfants élevés je suis retourné aux études à temps complet. J’ai fait mon cours collégial en sciences de la santé. J’ai toujours obtenu d’excellents résultats, en étudiant soigneusement bien sûr et en mangeant peu avant chaque examen.
Et comment en es-tu venue à en faire une profession ?
J’ai rencontré mon mari sur une piste de ski alpin! Comme il travaillait comme intervenant paramédical et comme il avait commencé à étudier pour devenir naturopathe, j’ai trouvé ses études intéressantes et je me suis moi aussi inscrite à cette formation. Cela confirmait mes lectures et élargissait ma vision et ma pratique de la santé. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai fait un peu de consultation individuelle, mais cela ressemblait trop au modèle médical, les gens attendent d’être malades pour venir consulter.
Comment as-tu orienté ta pratique de professionnelle de la santé naturelle ?
Je m’intéresse davantage à la prévention, l’éducation. Je préfère travailler à apprendre aux gens ce dont ils ont besoin pour être en santé et assurer le bien-être de leur famille. Je me suis en particulier intéressée aux saines combinaisons alimentaires. J’aime les petits moyens qui donnent de grands résultats : combiner différemment ses aliments, ce n’est ni compliqué ni difficile, et pourtant ça facilite grandement la digestion, économise l’énergie organique et permet souvent de se rétablir de différents maux et malaises. Par exemple, une femme s’est débarrassée de migraines chroniques en trois jours, un homme s’est rétabli d’un ulcère d’estomac en une semaine, simplement en combinant mieux ses aliments.
Oui, j’avais remarqué que tu as écrit plusieurs livres sur ce sujet. Écrire est pour toi une manière d’éduquer les gens à la santé ?
J’ai donné à l’éducation des adultes un cours de 10 soirées sur la santé. Les conférences, les entrevues à la radio et à la télévision et la publication de livres ont été mes moyens d’éducation privilégiés. Je communique souvent aussi avec les journaux, les députés, les ministres, pour faire valoir le point de vue des partisans des méthodes naturelles de santé. Si je recommençais ma carrière aujourd’hui, je serais sans doute présente et active sur Internet et les autres médias électroniques.
Tu as aussi dirigé un centre de jeûne pendant plusieurs années, si je me souviens bien ?
Oh oui! Toute une expérience. Avec mon collègue et mari, pendant six ans, nous avons tenu une maison de jeûne dans le cadre enchanteur des Laurentides. Nous pouvions y recevoir dix jeûneurs ; ils sont venus jeûner en général pendant deux ou trois semaines et quelques-uns jusqu’au retour de la faim, par exemple 42 jours. Le soir nous donnions aussi des cours sur la santé et avec ceux qui le voulaient et le pouvaient nous faisions des soirées récréatives avec des chants, des contes, des jeux de cartes.
Nous avons aussi eu un magasin de produits naturels pendant quelques années : c’était un excellent endroit pour enseigner la santé naturelle aux gens.
Tu as écrit plusieurs livres ?
Jusqu’à maintenant cinq livres. D’abord un livre théorique sur les combinaisons alimentaires, puis un livre de recettes basé sur les combinaisons, suite aux nombreuses demandes de lecteurs et lectrices, un autre sur les vitamines et les minéraux, pour vulgariser ses éléments nutritifs, et finalement, mon plus récent, Savoir vieillir en pleine santé. Évidemment, comme ce sont les questions que j’ai approfondies, les conférences qu’on me demande de prononcer tournent autour de ces mêmes sujets.
Et si tu devais résumer tes secrets de vitalité, quels conseils donnerais-tu aux gens qui veulent vivre en forme longtemps ?
D’abord, je ne suis pas forte sur les conseils. Je crois que chacun, chacune doit trouver sa propre voie, prendre ses propres décisions. J’ai toujours pris mes propres décisions depuis que j’ai l’âge de raison. Je crois que cette autonomie est essentielle pour vivre motivée. J’ai donné une place primordiale à la santé dans ma vie; je reste persuadée qu’elle est essentielle pour atteindre nos buts et réaliser notre potentiel. J’ai toujours été exigeante envers moi-même d’abord et envers les autres, surtout mes enfants, ensuite : j’aime le travail bien fait, soigné, rigoureux, exact : je crois que c’est une source de profondes satisfactions. Je ne cesse de m’émerveiller; tous les jours je vois de belles choses, je passe de bons moments. Les relations ont toujours tenu une partie importante dans ma vie : à la maison, nous fêtons joyeusement les anniversaires des membres de la famille et des amis.
 

 

Entrevue avec Solange Rodrigue crudivore depuis 1981

Depuis combien de temps manges-tu cru, et comment as-tu découvert cette alimentation?

C’est la recherche d’une vie. J’ai commencé à manger cru en 1981. Maintenant je ne compte plus les années. J’étais à la recherche d’une alimentation idéale. J’avais abandonné le pain blanc et le sucre blanc; un prof de philosophie avait conscientisé mon copain à la qualité de la nourriture. Puis on a commencé à faire notre pain maison. On mangeait de la cassonade, sans savoir que c’était seulement du sucre coloré. Ensuite on a fait un voyage à Vancouver et on a rencontré un groupe de gens qui suivait le système Sans viande et sans regrets. Nous mangions alors beaucoup de fèves, beaucoup d’aliments séchés. Nous trouvions que c’était très lourd comme alimentation. Il fallait complémenter les protéines dans un repas pour avoir des protéines complètes. «Il ne fallait pas manquer de protéines!» Mais on se sentait léthargique après un repas… et on avait beaucoup de gaz!
Nous avons continué à chercher, pour améliorer notre menu. Nous avons alors lu Shelton et ses Combinaisons alimentaires. Nous avons essayé ça et tout de suite les repas se sont allégés; c’était déjà plus facile à digérer, on se sentait moins lourds.
Mais une fois les combinaisons alimentaires intégrées, on n’a pas fini de chercher. On étudiait en philosophie à l’université. On cherchait l’idéal, mais on ne l’avait pas encore trouvé. On s’est mis à réfléchir et on s’est demandé: l’homme préhistorique, que mangeait-il? comment? sans le feu? C’est simple : il se promenait, et s’il trouvait un manguier, il en cueillait les fruits. Et il en mangeait jusqu’à ce qu’il n’ait plus faim. Il se contentait de ce qu’il trouvait!
On a jamais pratiqué l’instincto. Mais notre conclusion était: l’homme préhistorique mangeait cru. Plus tard j’ai lu La nourriture idéale, d’Albert Mosséri. On a trouvé qu’il était un peu trop sectaire, mais que l’idée de fond quand même était bonne. Il nous a mis sur une bonne piste, celle de manger cru. Pendant l’été, il y a plein de fruits, plein de légumes à manger, c’était une bonne saison pour essayer ça pendant un mois. J’avais un peu de réticence au début, parce que j’aimais bien le pain. Mais on l’a essayé un mois, et ensuite on a continué.
Les résultats ont donc été assez positifs pour continuer?
Oui. Mosséri mange cru à 80%. On s’est dit: si on ne passe pas au cru à 100%, on sera toujours tiraillé entre le cru et le cuit. On a essayé à 100%, et on est resté à 100%.
Depuis tout ce temps?
Oui. Depuis tout ce temps! On s’encourageait à deux. C’est évident que quand on avait des problèmes émotifs, on en parlait à l’autre, pour argumenter et trouver des raisons de continuer avec cette alimentation. En fait, notre alimentation est un conditionnement. On doit défaire ce conditionnement pour en adopter un autre.
Quelles étaient vos motivations?
La philosophie pure et dure ! Trouver la nourriture idéale. Je suis une perfectionniste, et mon copain est un philosophe… [rire]. On avait tout pour nous motiver. C’est sûr que ça prend une motivation. On veut vivre plus vieux, on veut vivre en santé, on veut vivre à 100%, on veut assimiler à 100%. On avait ces raisons-là aussi. On cherchait l’idéal! On a tout de suite vu qu’en mangeant cru c’était bien plus facile après un repas d’aller suivre un cours à l’université. On ne s’endormait pas pendant le cours! Et on n’avait pas besoin de thé et de café pour se stimuler.
Ensuite vous avez eu deux enfants? Ils ont mangé cru dès le début?
Oui, on a eu deux enfants. Ils ont toujours mangé cru. Je les ai allaités longtemps. Ma première a commencé à manger de la nourriture solide autour de 10 mois. Mais comme elle nous voyait toujours manger, elle voulait manger ce qu’on mangeait, mais si on ne voulait pas. Puis on s’est décidé : alors on a commencé à lui donner des kakis. C’est mou, c’est sucré, et elle a bien aimé ça. Puis des bananes, que les enfants sucent et arrivent à manger. Alors lentement j’ai introduit de la nourriture solide dans son alimentation et je l’allaitais encore. À l’époque on mangeait aussi des produits laitiers.
Avez-vous rencontré d’autres personnes qui mangeaient cru ?
Même si on avait fait un article dans le magazine Ressources, mais on n’a rencontré personne qui mangeait ainsi. Puis on a participé à une émission à la télévision, et là on a entendu parler de gens qui mangeaient cru. Quelques personnes ont appelé.
Vous sentiez-vouzs seuls au monde»?
On se sentait seul, oui. Puis, j’ai lu un livre de David Wolfe qui affirmait qu’il y avait un million d’Américains qui mangeaient cru. On est tombé à terre! On a dit : qu’est-ce qui arrive en occident? Le monde a évolué tout d’un coup! J’ai assisté à sa conférence et j’y ai vu plus de 200 personnes qui s’y intéressaient sérieusement.
Comment perçois-tu le mouvement cru actuel après tout ce temps-là?
Moi je dis, c’est un cheminement pour aller jusqu’au cru, le cru tel que nous, on le pratique. Mais j’ai trouvé ça high-tech la bouffe qu’il veut produire. Finalement, c’est pas à la porté de tout le monde.
Quelle est ta façon de manger cru?
David fait des petits trucs raffinés, des petits pots qu’il produit. Je trouve ça un peu trop technique. C’est utile pour certaines personnes. La graine est semée et va continuer à faire son chemin à l’intérieur d’elles, à évoluer, à se poser des questions. Une fois embarqué dans cette alimentation, on veut toujours mieux, atteindre un idéal. Si on décide de changer d’alimentation, c’est que l’alimentation est importante, et donc elle va continuer à l’être.
Et quel est ton idéal?
L’idéal, c’est manger ce qui est disponible où on habite, manger bio, ne pas rester en ville, puis changer l’alimentation, et ensuite changer son mode de vie. C’est un outil de conscientisation aussi.
Ton alimentation ressemble à quoi?
Toutes les semaines, je vais au marché. J’y achète des caisses de fruits, des légumes, des noix selon ce qui est disponible. Je goûte sur place ce que mon marchand me présente. Je choisis ce qu’il a de mieux. Je fais aussi des pousses, les germinations, et je mange un peu d’algues, notamment de la spiruline fraîche! C’est excellent.
Et dans tes stages dans d’autres pays?
Je m’adapte au pays ou je suis. Dans les pays tropicaux, je mange les fruits tels quels, frais et savoureux. Ici je fais des compromis : des jus, des salades, des petits mélanges. fDans une salade, on ne goûte pas chaque aliment, c’est un goût uniforme
Exclus-tu certains aliments de ton alimentation?
Les aliments irritants, par exemple, l’ail, l’oignon, les piments forts, le gingembre ni les champignons, que j’ai de la difficulté à digérer. Je mange de la ciboulette, elle est verte, et ne me cause pas de problèmes de digestion comme l’oignon. Nous, notre philosophie est simple : si on peut manger une poignée d’un aliment, sans difficulté, c’est naturel. Essaye de manger une poignée de gingembre, tu verras! Pour nous, c’est devenu évident sans lire de livres.
Et les produits laitiers?
Je mange du fromage cru de temps en temps, du yogourt de lait cru, mais ce n’est pas vraiment un besoin.
Manges-tu du miel?
Je trouve ça trop sucré.
Qu’est-ce qui t’as pousséé à faire tes voyages?
Quand on mange cru, vient un moment ou on veut aller aux endroits où on peut manger de vrais fruits qui ont poussé au soleil et qui n’ont pas subit un long transport. On voulait aussi sortir de la société. On recherchait un pays ou on voulait devenir complètement indépendant de la société. On a vécu plusieurs années dans des pays tropicaux d’Asie; Sri Lanka, Indonésie, .
Et l’éducation de vos enfants ?
Ça n’a pas été simple d’élever nos deux enfants, qui ont maintenant 20 ans et 14 ans. Mes parents acceptaient difficilement que je mange cru. On n’a jamais voulu les faire garder parce que je ne faisais pas confiance aux gens. J’avais peur qu’ils veuillent lui faire manger des choses. Puis effectivement, c’est arrivé. Ma fille avait quatre ans. Mon père lui avait donné un verre de lait avec de la crème glacée dedans et des fraises. Il lui avait expliqué «C’est ben bon, c’est du lait avec des fraises.» C’était quelque chose qu’elle mangeait et connaissait. Pourtant elle lui a dit : «Il y d’autre chose là-dedans!» Elle était choquée qu’il l’ait trompée. Après sa première gorgée, ma mère est intervenue et lui a dit qu’il avait mis de la crème glacée dedans. C’est quelque chose qu’elle a gardé en mémoire.
Une autre fois une voisine a offert à fille, qui avait 7-8 ans et n’avait pas pu manger chez nous, une tranche de pain avec de la mélasse. Elle y a goûté, mais elle n’a pas aimé ça. À l’école, mes enfants emportaient tout le temps leur lunch, et les autres enfants à l’école étaient vraiment curieux de voir ce qu’il y avait dans leur sac. Ils savaient tous qu’ils mangeaient cru. Les autres enfants essayaient de les faire manger d’autres choses, par exemple ils lui mettaient une pointe de pizza devant la bouche en disant, “Ben goûtes-y, c’est bon de la pizza!”
Tes enfants n’avaient pas envie de goûter?
Non, parce que nous les avions éduqués en les décourageant de ça. On voulait qu’ils mangent cru et on voulait que ça tienne. Donc, ils n’avaient pas le goût d’aller d’essayer la nourriture des autres. Ma plus jeune a fait certaines expériences, mais aujourd’hui c’est bien ancré en eux et ils n’ont pas envie de changer.
Quand tu as élevé tes enfants, avais-tu certaines inquiétudes par rapport à leur santé ?
Bien sûr, parce que c’était une expérience qu’on faisait. On ne savait pas si c’était bon le cru, si ça pouvait marcher. Donc je suivais leur progrès selon les tableaux de poids et leur croissance par rapport à leur âge. Elles sont devenues plus grandes que les tableaux statistiques! Elles se sont très bien développées. Jusqu’à ce qu’elles atteignent leur puberté, elles ont toujours été plus petites que les autres enfants. Après leur puberté, elles se sont mises à grandir plus que la moyenne. Elles étaient minces mais pas maigres. Après la puberté, on a vraiment vu que ça marchait, car comme adultes elles se sont très bien développées.
On avait une alimentation variée. C’était un principe qu’on gardait tout le temps. Si tu manges toujours la même chose, c’est sûr que tu vas être déséquilibré. On mangeait deux repas de fruit, et un repas de légumes par jour. On variait selon les saisons. Pour être sûr qu’elles ne manquent de rien, on ajoutait des algues, très riches en minéraux. On avait un guide de nutrition avec les nutriments dans chaque aliment, deux pages par aliments. Quand on voulait savoir s’il nous manquait d’une vitamine ou d’un minéral, on regardait dans ce livre.
Plusieurs crudivores ont des problèmes avec leurs dents, qu’en penses-tu?
Ils manquent sans doute de calcium dans leur organisme, j’imagine. Mais on mangeait un peu de produits laitiers : fromage frais et yogourt de lait cru. Si on ne mange pas de produits laitiers, on doit manger des graines de sésames, qui contiennent beaucoup de calcium. En Indonésie, on en mangeait beaucoup.
Et vous n’avez jamais eu de caries ?
Ma fille aînée a eu quelques caries quand elle était très jeune. On croyait qu’en mangeant cru on n’aurait pas de caries. Mais du sucre ça reste du sucre, même si ça provient des fruits séchés. Ma fille mangeait souvent des fruits séchés avant de s’endormir. On ne le savait pas! Les fruits séchés ça reste sur les dents, et surtout avant de se coucher ! Toute la nuit ce sucre fermente dans la bouche. Donc elle a eu des caries, mais c’était avant d’avoir ses dents d’adulte. Après ça elle n’a pas eu de problèmes. Ma deuxième fille n’a jamais eu de caries. On lui brossait les dents à tous les soirs. Au moins une fois par jour.
Et ça continue?
Ma fille accouche bientôt. Je vais la revoir, pour l’aider et la sécuriser à son accouchement. Elle continue aussi ses études.
Une troisième génération de crudivore ?
Je dirais une deuxième génération, car je n’ai pas été crudivore à 100% toute ma vie, seulement depuis l’âge de 28 ans.
 
* Frederic Patenaude est l’auteur du livre numérique The Raw Secrets
Les premiers arrivés peuvent s’abonner gratuitement à sn bulletin Pure Health & Nutrition sur le site http://www.fredericpatenaude.com
 

 

Entrevue avec Keki Sidwa, hygiéniste, enseignant et poète

Keki Sidhwa, ND, DO, est le fondateur et depuis un demi-siècle président de la Société d’Hygiène Naturelle britannique et membre de l’International Association of Hygienist Physicians et du conseil de la Société Internationale d’Hygiène Naturelle.
Il est auteur de six livres scientifiques et poétiques, dont Quintessence of Natural Living, une compilation de 50 ans de ses écrits et rédacteur du magazine The Hygienist.
Né en Inde, il a reçu la Médaille d’or du gouvernement indien pour ses 40 ans de service en hygiène holistique. Il détient un doctorat en Naturopathie et Ostéopathie de l’Université d’Edimbourg.
En pratique privée depuis 1952, il a fondé le centre de Santé Shalimar et l’a dirigé pendant une cinquantaine d’années. Il y a aidé plus de 25 000 personnes à surmonter leurs maux par le jeûne et un style de vie hygiénique.
Ses voyages sur tous les continents et son intérêt pour les cultures primitives, l’anthropologie et les religions l’ont aidé à formuler ses avis sur la vie naturelle.
Qu’est-ce qui vous a incités à devenir hygiéniste professionnel ?
Vers l’âge de 14, j’ai subi une pneumonie double, une maladie de cœur et sept rechutes de fièvre de typhoïde. Quand je suis entré dans un coma, je me suis attendu à mourir. Ma mère a refusé le nouveau traitement pour moi. Seize jours plus tard, je suis ressorti de ce coma, ou j’avais littéralement jeûné, et j’ai récupéré ma santé.
Sept ans plus tard, j’ai lu le livre classique de docteur John Tilden, Toxémie et j’ai etransposé mes études en médecine et en chirurgie à la naturopathie et l’ostéopathie. J’ai achevé mes études à l’Université d’Edimbourg.
Quand j’ai découvert les écritures de docteur Herbert Shelton, j’ai reconnu l’importance de partager ces idées partout avec les gens. J’ai consacré ma vie à aider des gens à récupérer leur santé par cette connaissance.
Décrivez certains des points culminants de vos expériences dans le mouvement d’hygiène naturelle.
J’ai pratiqué comme un hygiéniste professionnel en Angleterre pendant 45 ans. J’ai fondé le premier centre hygiéniste en Europe. Maintenant je supervise seulement pour deux ou trois personnes qui jeûnent à la fois.
J’ai prononcé ma première conférence à l’American National Hygiene Society, en 1964 à l’invitation du docteur Herbert Shelton. Il manquait de conférenciers ; alors j’ai donné 12 cours durant cette semaine!
Depuis lors, j’ai livré des cours sur l’hygiène naturelle dans le monde entier, notamment en Italie, ou je me suis adressé à des médecins qui voulaient en savoir plus sur l’hygiène naturelle.
En 1977, j’ai célébré mon 50e anniversaire en courant un marathon, pour recueillir de l’argent pour l’ANHS En fait, je n’ai couru que 15 milles parce qu’il tombait une pluie torrentielle et j’étais absolument trempé. J’ai tout de même recueilli 3 000 $ pour la Société !
Quelle place a l’hygiène naturelle dans les systèmes de santé ?
L’hygiène naturelle ne croit pas qu’une chose spécifique soit responsable de notre santé complète. Notre approche comprend tous les facteurs de vie saine, y compris l’activité physique, l’alimentation, le repos, l’air et l’eau purs, le sommeil, l’équilibre émotionnel et l’activité créatrice. L’hygiène naturelle est l’art et la science de vivre d’une telle façon à répondre à tous ces besoins.
Quelle autres activités vous tiennent occupées ces jours-ci ?
J’ai récemment écrit un chapitre sur l’hygiène naturelle pour un ouvrage collectif Deux fois par an, j’enseigne le jeûne et la nutrition au British College of Naturopathy and Ostéopathy. Mes voyages les plus récents m’ont amené en Irlande, où j’ai animé un séminaire d’une journée et ou j’ai été interviewé à la télévision. Je ne dirige plus de centre mais je prononce des conférences, et accorde des consultations en bureau et par téléphone.
Quel conseil avez-vous pour des nouveaux venus à l’hygiène naturelle ?
Abordez l’hygiène naturelle avec un esprit ouvert. Il y a tellement à apprendre! Reconnaissez que l’hygiène naturelle est plus que les poids et haltères ou un le régime alimentaire. C’est d’abord une façon de regarder à l’intérieur de soi, d’être totalement alerte, de réalise notre plein potentiel.
Jeûner fait-il encore partie de votre programme de santé personnel ?
Je n’ai pas été malade pendant 45 ans, mais je jeûne pour prendre soin de moi, donner à mon corps une occasion de se reposer. Le dernier long jeûne que j’ai fait a duré 25 jours il y a cinq ans et je planifie de faire un autre jeûne long cette année. Je veux vivre au moins 91 ans !
De quoi traitez-vous dans votre ouvrage « Quintessence de vie naturelle » ?
Que la santé physique, l’équilibre émotionnel et l’intégrité spirituelle sont essentiels à l’organisme humain pour baigner de la joie et le bonheur.L’hygiène naturelle est l’art et la science de vivre d’une telle façon qu’il fournit toutes ces qualités abondamment.
Les besoins humains fondamentaux pour fournir l’énergie et la santé dynamique et la longévité sont :
 
1. Air pur, non pollué, sans smog ;
2. Eau pure sans produits chimiques ;
3. Alimentation saine, cultivée biologiquement ;
Le régime humain naturel est essentiellement végétarien. Au cours des siècles on s’est adapté pour manger des produits animaux. On devrait éviter la viande et limiter les produits laitiers et les œufs  à 2 % de son menu.
 Ceux qui ne peuvent adopter un régime cru total de fruits frais, de crudités fraîches, de noix et de graines devraient inclure dans leur menu au moins 75 % de fruits, légumes, noix et graines crus, 10 % de protéine et 15 % de glucides complexes comme des pommes de terre, ignames, betteraves, carottes, et navets cuits à la vapeur.
4.   Prospérité ;
5.   Activité physique ;
6.   Repos et sommeil ;
7.   Relaxation et activité créatrice ;
8.   L’équilibre émotionnel et gestion des tensions ;
9.   Exprimer et recevoir l’amour dans ses dimensions spirituelle et sexuelle ;
10.               La confiance en la nature et la force de vie ;
11.               S’exprimer par l’humour et le rire, les larmes de joie et les larmes de tristesse.


 
 
 
 
 

 

Entrevue avec Joel Fuhrman, Médecin éducateur de santé

adaptée par Jacques Lalanne
Parlez-nous de votre livre.
Mon livre Eat to live, que j’aimerais bien voir traduit en français, parle de l’alimentation saine et de la régularisation du poids.
Cela semble un sujet très populaire !
Par ce livre, je vise à influencer la façon dont on voit l’alimentation et à démontrer le lien entre un menu sain et la longévité. J’espère contribuer à réduire l’épidémie d’obésité que nous observons maintenant. J’explique comment perdre du poids de façon saine grâce à un régime équilibré.
80 % des gens en Amérique du Nord souffrent d’un poids excessif et 33 % de la population est obèse, et c’est une épidémie en croissance. Le million de messages différents que les gens voient et entendent dans leur vie sur la nutrition a créé une réelle confusion. Je veux apporter une conclusion sur tous les livres de régime et publier un livre de référence intéressanttant pour les profanes que pour les professionnels de la santé et ainsi mettre fin à de nombreuses controverses par une documentation scientifique complète. Ce livre est informatif et amusant. La documentation que j’y fournis est impeccable et complète. Toute personne instruite qui lit ce livre changera sa façon de concevoir l’alimentation.
En quoi votre livre diffère-t-il des travaux des autres?
Plusieurs livres présentent des régimes qui ne sont pas aussi nutritifs. Mes menus sont principalement à base de végétaux alors que la plupart des autres régimes sont à base de céréales et contiennent beaucouptrop de glucides cuits. Mon régime contient une quantité accrue de fruits crus et de légumes crus et cuits. Je recommande de consommer des protéines végétales, peude glucides sous forme de farineux et plus de légumes non-féculents. Les plans de régime décrits dans mon livre donnent aux gens l’occasion de perdre de 15 à 25 livres par mois grâce à des menus équilibrés et à des recettes qui permettent d’apprêter des mets qui ont bon goût et qui rassasient les sens. Aucun autre livre ne donne aux gens cette merveilleuse occasion de changer aussi rapidementleur état de santé.
Qu’est-ce qui fait l’intérêt de votre livre pour le grand public?
J’ai réuni dans cet ouvrage de l’information qui sera respectée par les scientifiqueset appréciée par Monsieur et Madame Tout-le-Monde.
Pourquoi lui avez-vous donné le titre Manger pour vivre ?
Manger est devenu un passe-temps social. Je pense que manger pour vivre est une approche sensée.
Qu’est-ce qui différencie votre approche de l’hygiénismeou des autres associations végéta­ristes ?
L’hygiénisme recommande un régime à base de végé­taux. La valeur de cette approche est confirmée par la science. Je ne rejette pas un aliment simplement parce qu’il n‘est pas végétarien. Je recherche des confirmations scientifiques. Évidemment, nous ne recommandons pas les plats surcuisinés et traités que la plupart des gens mangent. Être végétarien ne vous garantit pas une santé supérieure; c’est la qualité alimen­taire globale de votre régime qui compte. J’apprends aux gens comment améliorer sensiblement leur régime.
Pensez-vous que les positions des hygiénistes entre­ront en conflit avec votre livre ?
Je pense qu’ils comprendront pourquoi mes recom­mandations sont compatibles avec la science actuelle puisque je recommande un menu à base de végé­taux. Je crois qu’en étudiant mon livre attentivement ils se nourriront encore mieux.
 
Le Dr Furhman donne des conférences et fait des consultations à son bureau et au téléphone; il publie un bulletin, des vidéos et des livres. Il a reçu une médaille de l’American Health Association pour son travail éducatif.
Son site Web est le www.drfuhrman.com.
 

 

Entrevue avec Jeff Novick, nutritionniste

 

Entrevue publiée dans Health Science, adaptée par Jacques Lalanne
 
Jeff Novick, MS, RD, LD, LN, est nutritionniste éducateur. Il donne des conférences, des cours, anime des ateliers sur la nutrition et la santé.
Il a été directeur du Centre de nutrition et de longévité Pritikin et de la Station thermale à Aventura, en Floride.
Il a étudié la nutrition à l’Université de l’Indiana. L’université où il a étudié lui a décerné le diplômé de la décennie dernière pour sa contribution remarquable dans le domaine de la nutrition.
Il est le rédacteur de la revue et du site Health Science et écrit dans plusieurs magazines de santé populaires.
Il est aussi un conférencier apprécié aux congrès de l’Association nationale de santé (National Health Association, et de l’American Natural Hygiene Association).
Certaines de ses conférences sont disponibles sur vidéo sur ce site.
 
Qu’est-ce qui t’a motivé à étudier la nutrition?
Autant que je me souvienne, la nutrition a toujours été un de mes centres d’intérêt. En grandissant, j’étais toujours intéressé par l’alimentation et la nutrition. J’étais fasciné par les premières émissions de cuisine à la télévision. J’aimais aider ma grand-mère à faire la cuisine. J’ai étudié dans une école culinaire où j’ai reçu un diplôme en art culinaire et en gestion de service alimentaire. J’ai ensuite travaillé comme un chef pendant plusieurs années. J’ai travaillé dans l’industrie alimentaire puis je suis retourné à l’université pour étudier la nutrition.
Étiez-vous alors familier avec l’hygiène naturelle?
Oui. Au moment où j’ai étudié à l’université je vivais selon l’hygiène naturelle depuis 11 ans.
Étiez-vous souvent en désaccord avec vos professeurs?
Dès le début, je leur ai décrit mes préférences personnelles et mon style de vie, mais pas d’une façon antagoniste ni désagréable. Je savais que pour obtenir mon diplôme, je devrais étudier leur programme, assister à leurs cours et passer leurs examens. Nous respections les opinions de chacun et acceptions de n’être pas d’accord sur plusieurs sujets. Un des professeurs du département était végétarien depuis sa naissance; cela m’a aidé aussi.
Qu’est-ce qui vous a plus récemment valu "le diplômé de la décennie " à l’université où vous avez étudié?
Cette récompense souligne les accomplissements remarquables des diplômés des dix dernières années. J’ai été proposé par mon directeur de thèse. Un comité spécial et le Conseil des anciens étudiants ont fait le choix final, selon trois critères, contribution professionnelle remarquable, apport à la communauté ou la nation, intérêt pour l’université depuis l’obtention de son diplôme. C’était un grand honneur de recevoir cette récompense et le week-end fut un événement remarquable. En plus de recevoir cette médaille lors d’un grand dîner, j’ai donné plusieurs causeries aux étudiants du département de nutrition, j’ai été interviewé à la station de télévision de l’université et j’ai été présenté à la foule avant le match de football.
Enseignez-vous à vos étudiants le guide alimentaire national?
Ce guide n’est pas mauvais; c’est la façon dont on l’interprète qui pose problème. Chacun a ses idées sur la façon d’enseigner la nutrition. Le guide national est une de ces méthodes. Comme beaucoup d’autres systèmes, il essaie de transmettre des concepts de base. Beaucoup de groupes, des végétariens et des crudivores, ont inventé leur version du guide alimentaire idéal et l’utilisent comme un outil d’enseignement.
Au centre Pritikin, j’utilise un système très semblable pour enseigner les bases à ceux qui cherchent un guide similaire. Beaucoup de personnes recherchent un système ou un guide de ce type à appliquer. Mais j’interprète le guide national très différemment. Par exemple, dans le groupe des glucides (pain, céréale, grain), je souligne que les grains entiers non raffinés, non traités et les légumes féculents (pois, grains, pommes de terre, riz complet, flocons d’avoine, etc.) sont préférables. Dans le groupe fruits et légumes, je souligne que les légumes frais, entiers, crus ou légèrement cuits constituent des choix santé. J’ai changé le nom du groupe des produits laitiers pour « aliments riches en calcium » et je donne plusieurs exemples d’aliments végétaux riches en calcium. Dans le groupe de protéine, je mets l’accent est sur les légumineuses, les noix et certaines graines. Ainsi, je peux promouvoir l’alimentation saine et la santé.
Vos étudiants optent-ils facilement pour un menu végétarien?
Mes étudiants ont été immergés durant des décennies dans une culture bien différente du menu idéal. Je tente de rendre ce nouveau menu attrayant. Je ne leur recommande pas de devenir 100 % végétalien. Même si je suis convaincu que c’est l’alimentation idéale, je laisse chacun faire son choix. Mon travail consiste à les aider à progresser et les accompagner aussi loin qu’ils veulent aller. Je ne suis pas sûr qu’adopter un menu végétarien soit toujours nécessaire. Pour certaines personnes, augmenter la proportion de végétaux dans leur menu peut amener une grande amélioration et devenir une étape dans un progrès à long terme. Je constate qu’on obtient de bien meilleurs résultats en incitant les gens à ajouter plutôt qu’à éviter certains aliments. À mon avis, la première chose que la plupart des gens doivent faire est d’apprendre comment inclure dans leur menu plus de fruits et de légumes frais et de glucides non raffinés, non traités. S’ils le font, ils auront moins de place pour des aliments malsains.
Comme directeur du Centre de nutrition et de longévité Pritikin et de la Station thermale, à quoi ressemble votre journée typique?
Dans une journée typique au Centre, je donne deux ou trois cours d’une heure. J’y traite d’une variété de sujets : comprendre les étiquettes, équilibrer son menu, perdre du poids sans risque, les bons et les mauvais gras, etc. Nous donnons 14 cours de nutrition ici et nous bouclons ce cycle en deux semaines. Je fais aussi plusieurs consultations individuelles avec les participants. Je prends des repas avec les participants où je peux enseigner de façon plus détendue et répondre à leurs questions.
De plus, chaque semaine je guide le groupe dans deux sorties, une à un restaurant local et une à un centre diététique local. À chaque sortie, les participants apprennent comment faire des choix santé et à vivre dans le monde réel.
Au bureau, je participe à plusieurs réunions de gestion. Je fais partie du comité scientifique; nous nous réunissons régulièrement pour passer en revue les dernières recherches. Nous avons des réunions régulières avec l’équipe médicale; nous passons en revue les dossiers de nos participants. Je passe beaucoup de temps à lire les revues médicales récentes, à écrire et passer en revue des articles. Je me tiens à jour pour mes cours et mes conférences. Je supervise aussi la conception du programme d’étude.
Consacrez-vous tout votre temps à rédiger le bulletin de l’association?
Pendant sept ans, j’ai publié le bulletin hebdomadaire du centre Pritikin. J’écris aussi pour le bulletin de docteur Joel Fuhrman.
Donnez-vous des cours ailleurs?
Je donne des cours régulièrement dans des centres de loisirs, des groupes de santé et des associations de résidents. Je voyage pour donner des cours et des conférences sur la santé et la nutrition dans des organisations, des groupes, des gens d’affaires, etc.
Votre vidéo est-il le premier d’une série?
Je l’espère.
Sur quels sujets porteront vos prochains cours?
Les sujets sur lesquels je fais déjà des cours, par exemple, mythes et réalités sur les gras dans l’alimentation, ce qui fonctionne vraiment pour avoir plus d’énergie, les secrets de la gestion permanente du poids, comment gagner du poids sainement et se nourrir sans frustration.
 
 
 


 

 

Entrevue avec André Passebecq, le naturo qui enseignait à l’université

Actif à 88 ans, enseignant les méthodes naturelles de santé, André Passebecq est l’auteur de 31 livres et de quelques 300 numéros de la revue Vie et action.
Chargé de cours en naturothérapie, à la Faculté de médecine, de l’Université de Bobigny, Paris XIII, il souligne les facteurs psychologiques de la santé.
Chaque été, André Passebecq et son équipe enseigne la santé au naturel dans le cadre enchanteur du sud de la France. Les participants y passent des journées équilibrées ou alternent cours théoriques, exercices physiques, gymnastique oculaire, mise en forme de la posture, promenades en montagne et soirée amicale.
C’est après avoir participé à un mois de formation en Facteurs essentiels de la santé, Naissance naturelle, Communication et relation, Morpho-psychologie, Soins naturels d’urgence, Développement de l’enfant, Développement de la personnalité, etc. que je l’ai interviewé il y a déjà une vingtaine d’années.

Vous enseignez la naturothérapie à des médecins à l’Université, ce qui semble unique au monde. Comment ce programme a-t-il pris naissance?
 Il y a plusieurs années, le doyen de la Faculté de médecine Paris XIII, a lui-même été soulagé par un ostéopathe. Il a alors décidé d’ouvrir un département de médecines expérimentales, dont la naturothérapie.

Dans quel cadre se déroule ce cours?

C’est un complément de formation. Des médecins participent à une formation de base en naturothérapie, en fait, en hygiène naturelle. Ce cours dure trois ans, à raison de 8 week ends par an, et comprend un mémoire de fin d’études.
Ce que nous leur présentons est tout à fait différent de ce qu’on leur a enseigné. On consacre le premier week end à une déprogrammation logique en utilisant la sémantique générale. Après cette introduction, ils sont prêts à aborder une nouvelle approche avec un esprit ouvert.

Ce doyen a été intéressé aux méthodes naturelles suite à une expérience personnelle. J’imagine qu’il en fut de même pour vous.

En effet, à l’âge de vingt-neuf j’étais devenu un mort-vivant suite aux traitements qui m’avaient été infligés pendant trois ans. J’étais assailli à tout moment par des crises de rhu¬matisme, j’avais un ulcère d’estomac proche de la perforation. Au début, j’avais des troubles plutôt bénins, mais ces symptômes ont empiré sévèrement après quelques années de médication.
J’ai eu la chance, à l’époque, de tomber sur un vieux dictionnaire médical qui disait que l’ulcère d’estomac n’était pas grave quand il était soigné par une remise en ordre alimentaire!!! Aussitôt j’ai recherché une clinique où l’on m’apprendrait à réformer mon alimentation. Je l’ai découverte en Angleterre. Il y avait à l’époque en Angleterre une vingtaine de cliniques-écoles. J’ai d’abord fait confiance la clinique et école de naturopathie de Croydon, ou j’ai appris les bases des méthodes naturelles. En trois mois, en jeûnant à plusieurs reprises et en corrigeant mon alimentation, je me suis alors retrouvé en pleine forme.
J’ai alors décidé de poursuivre mes études de naturopathie pendant trois ans dans cette école. Cet enseignement comprenait beaucoup de pratique. En plus de l’enseignement et des examens en groupe on participait à une formation directe avec des patients à voir chaque jour, et pour qui on faisait une étude de cas détaillé. C’était extrêmement formateur, ça nous obligeait à trouver des solutions. Il y avait aussi une énorme bibliothèque à notre disposition.
Puis j’ai fait un stage à Edimbourg, en Écosse chez Thomson qui avait une technique un peu différente. Il employait un jeûne «allégé», de la détente et de l’exercice, une nourriture légère — une ou deux feuilles de laitue, deux ou trois fois par jour, un peu de lait caillé et une demi-pomme mastiqués lentement. On y trouvait une clinique, un jardin, des salles où il enseignait une diététique intelligente. Ensuite je suis allé à Londres à l’école de Stanley Lief, ou j’ai fait un stage de perfectionnement en ostéopathie. Puis j’ai entrepris mes études de psychologie à la St-Andrews University.

 

Quelle fut votre action, une fois revenu en France?
J’ai fondé une association, où nous faisions des conférences, des cours et des stages. Je m’étais rendu compte que ce n’est pas par la consultation mais surtout par l’enseignement qu’on obtient les meilleurs résultats.
J’y ai mis l’accent sur les facteurs psychologiques, car je m’étais rendu compte qu’ils jouent un rôle tellement important dans la santé qu’il fallait les étudier d’une manière approfondie.

 

Vos livres et votre revue traitent des facteurs psychologiques et biologiques de la santé. C’est sans doute ce qui caractérise votre école. Quel est l’essentiel de votre enseignement?

L’essentiel, est d’apprendre que la santé, c’est l’état normal de l’être humain et que les troubles de santé sont des manifestations d’un effort du corps pour se rétablir. Plus on en santé, plus on est capable de faire face aux agressions internes et externes. Le corps se guérit par son travail interne : la fièvre, la transpiration, la fatigue, les urines chargées, etc. sont des signes d’un effort intensif de rétablissement. C’est la pierre angulaire de l’hygiène vitale. En laissant le corps travailler, nous obtenons souvent des résultats spectaculaires sans coûts ni arsenal thérapeutique.

Une fois que vos étudiants ont appris les principes de base de la santé, que doivent-ils apprendre?
Nous enseignons les trois piliers de la santé: alimentation saine, exercice physique et équilibre psychologique. Nous enseignons dans un climat dégagé d’interdits, de sectarisme et de peurs.

Les méthodes naturelles sont souvent vues comme austères et remplies de privations, c’est ce qui explique leur peu d’adeptes.
Certaines méthodes dites naturelles ne sont pas gaies. Les gens se disent «Plutôt que de manger comme eux et vivre quelques années de plus, je préfère manger à mon goût et me faire plaisir!»

Alors à votre école on ne se sacrifie pas?
Non, la nourriture est bien sûr de culture biologique, saine et cuisinée de façon à conserver sa saveur et sa valeur nutritive.

Quel serait votre deuxième pilier de la santé ?
L’équilibre psychologique, d’abord éliminer la peur. Nous enseignons des méthodes de prise de conscience, de résolution des conflits, etc. Nous enseignons aussi des méthodes pour avoir un enfant sain, accoucher sereinement, et pour donner un bon départ à ses enfants dans la vie et l’amener à devenir un agent positif de la vie sociale. Ces cours sont dispensés par des praticiens compétents et une sage-femme.
La plupart des méthodes dites naturelles ont compliqué les situations en y intégrant des quantités de pratiques superflues. Or, on peut faire beaucoup soi-même pour sa propre santé.

Votre objectif semble de développer l’autonomie.
L’éducation que nous offrons vise à devenir autonome à tous les points de vue! Aux trois piliers nous ajoutons l’environnement, l’habitat, le vêtement sains, et la paix thérapeutique.

Qu’entendez-vous par «paix thérapeutique»?
La paix thérapeutique consiste à enlever tout ce qui incommode, fatigue, épuise l’organisme — traitements, médicaments, etc. — pour permettre au corps de se rétablir. Ces interventions ont un effet premier puis un effet rebond, contraire du premier. Par exemple on prend des somnifères et ensuite on a plus de difficulté à s’endormir.

Ces conceptions ont-elle un écho dans le milieu scientifique ?
Des biologistes très compétents sont venus étudier la naturothérapie à l’université de Paris XIII et ont ensuite réalisé des thèses qui confirment la solidité scientifique de l’hygiène vitale.
Par exemple, dans l’ulcère d’estomac, les cellules de la muqueuse gastrique commencent à se régénérer après seulement douze heures de repos. Le moindre médicament, ou certaines tisanes agressives peuvent empêcher cette régénération. Ce rétablissement se produit en quelques jours de jeûne. C’est démontré.

Et comment réagissent vos médecins étudiants universitaires à ces nouvelles visions?
Environ 5% n’arrivent pas à se libérer de la peur entraînée par leurs études antérieures. Tous les autres comprennent notre approche. 30 à 40% deviennent des naturothérapeutes compétents et convaincus. Les autres emploient encore un peu de médicaments.

Comment démontrez-vous l’efficacité des méthodes naturelles?
Nous en faisons la démonstration. Quand une personne qui ne pouvait plus marcher retrouve l’usage de ses jambes, c’est une démonstration réelle. Quand un architecte, à qui un spécialiste avait délivré un certificat de cécité irréversible retrouve la vue en 8 mois, vient participer à nos stages en conduisant sont auto et reprend sa planche à dessin à l’âge de 70 ans c’est encore une démonstration. Notre laboratoire, ce sont des cas vécus, dont plusieurs déclarés incurable.
Nous connaissons aussi des cas diagnostiqués de cancer qui ont totalement guéri par les méthodes naturelles et même quelques cas de sida. Un homme de 54 ans, dont on parle beaucoup depuis la parution de son livre et qui était atteint d’un cancer du poumon s’en est totalement guéri en parcourant le tour de la France en bicyclette, soit 7,200 km! Il a eu les confirmations médicales de sa guérison, avec radiographie à l’appui. La méthode des cas vécus, c’est un test plus exigeant que tous les examens de laboratoire.

Le corps est plus «curable» qu’on ne l’imagine?
On sait maintenant que des cellules peuvent se régénérer. Et des médecins étudiant la naturothé¬rapie à Bobigny ont entrepris le traitement naturothérapique de cancéreux; dans plusieurs cas, ils ont obtenu des résultats spectaculaires, qui ont été rapportés dans leurs thèses. Ces personnes sont guéries avec excellence : non seulement sont-elles exemptes de symptômes mais pleines d’énergie et en progrès constant.

Votre expérience dégage de l’espoir. Verra-t-on apparaître une nouvelle profession qui appliquerait ces méthodes?
Nous formons des conseillers, des éducateurs de santé. L’éducation à la santé reste la meilleure des préventions et même la meilleure des thérapies. Quand on apprend à être en bonne santé on contribue à édifier une société meilleure. Et je pense que, dans un proche avenir, on verra des groupes et des maisons d’enseignement et de cure, des lieux de stage.

Vous-même, à l’âge où la plupart des gens ont pris leur retraite, vous êtes actif et vous ne semblez pas près d’arrêter!
Je fais une mise à jour constante de notre enseignement en fonction des dernières découvertes de la physiologie et de la psychologie. Nous offrons des stages pratiques, des cours par correspondance, et publions des livres accessible à tous. Il faudrait des milliers de praticiens et d’éducateurs dans les différents pays afin de faire progresser l’hygiène naturelle. C’est une cette tâche essentielle pour l’avenir de l’humanité.
 

Entrevue avec Albert Mosséri, l’hygiéniste qui a supervisé 4 000 jeûnes


 

M. Mosséri, quel âge avez-vous et depuis combien de temps pratiquez-vous l’hygiénisme ou hygiène naturelle ?

J’ai bientôt 80 ans, et je m’intéresse à l’hygiénisme depuis l’âge de 20 ans. À l’époque je vivais en Égypte. J’ai commencé mes recherches sur la santé mais je n’ai pas trouvé tout de suite. J’ai dû lire tous les auteurs que je connais dans le monde entier, en plusieurs langues, et je suis finalement tombé sur Shelton et Thompson, qui m’ont paru les plus sérieux. J’ai alors abandonné la naturopathie parce qu’elle est à mis chemin entre la médecine et l’hygiénisme. J’ai commencé à publier des livres quand j’avais 24 ans. Et quand les événements politiques en Égypte n’étaient plus favorables, j’ai dû émigrer en France, où j’ai pratiqué l’hygiénisme dès le début.
L’hygiénisme tel que je le pratique actuellement est venu par étapes, de très nombreuses étapes. D’abord on doit chercher le bon régime, les bonnes idées, ce n’est pas facile à trouver, et quand on les a trouvées, les tentations extérieures et intérieures sont tellement fortes qu’on ne peut pas d’emblée les appliquer. On doit des années pour pouvoir pratiquer l’hygiénisme pur.

Vous avez fait une différence entre la naturopathie et l’hygiénisme. Quelle est cette différence ?
La différence est capitale. D’abord ce qui nous unit c’est que nous sommes contre les médicaments. Mais nous, les hygiénistes, nous disons qu’on doit supprimer la cause, et alors les effets disparaissent. Tandis que les naturopathes utilisent des remèdes naturels, comme la phytothérapie, c’est-à-dire des plantes médicinales, nous refusons tous ces remèdes naturels, même s’ils sont certainement moins nocifs que les médicaments.

Donc vous faites une différence à la base entre la médecine et l’hygiénisme, et ensuite entre l’hygiénisme et les autres thérapies naturelles. Quelle est donc la différence fondamentale entre la médecine et l’hygiénisme ?
La différence fondamentale est que la médecine combat les symptômes avec des poisons, et elle n’élimine pas la cause. D’ailleurs elle ne comprend rien à la cause. Et puis la médicine dit que l’alimentation n’a rien à voir avec la maladie, ce que nous contestons formellement.

À votre avis, quelle est l’alimentation naturelle ?
L’alimentation naturelle est celle qui se rapproche le plus de l’alimentation des grands primates — c’est-à-dire le gorille, le chimpanzé, l’orang-outang. C’est-à-dire, pas ou presque pas de produits animaux, ni viande, ni poisson, ni huîtres, ni fruits de mer, et pas de céréales non plus, parce que l’homme n’est pas un granivore. Shelton a publié le tableau d’anatomie et de physiologie comparées, que j’ai reproduit dans mon livre La nutrition hygiéniste. D’après ce tableau, qui a été proposé par les grands physiologistes du siècle passé, français, allemand, comme Cuvier, l’homme est frugivore. Il n’est pas carnivore, ni omnivore, ni granivore. Granivore c’est-à-dire qui mange des graines et des céréales. Les céréales comprennent le pain, les sandwichs, les galettes, les pâtes, etc.

Donc il reste les fruits, les légumes et les noix…
Il reste tous les fruits, tous les légumes, les noix (et beurre de noix) et les racines, comme les pommes de terres, les topinambours, les ignames. Mais alors que Shelton propose 120 à 200 g de noix par jour, je recommande 20 ou 30 g, et peut-être 40 g pour les athlètes. Les noix en excès sont indigestes. Elles produisent des gaz, etc.

L’alimentation hygiéniste exclut aussi les épices, le sel…
Elle exclut les épices, les aromates — sel, poivre, moutarde, etc. — l’alcool – bière, vin, etc.
Et en plus de cette alimentation, qui reste la plus simple possible, on doit éviter les émotions fortes, comme la colère, les soucis le chagrin. Tout ça peut causer la maladie, même si votre régime est parfait.

Si quelqu’un tombe malade, que doit-il faire, selon l’hygiénisme ?
Si quelqu’un tombe malade, selon l’hygiénisme, on doit chercher et éliminer la cause. Le malade lui-même tout seul n’est souvent pas capable de trouver cette cause. On élimine en priorité les causes principales : ça peut être la peur, une très mauvaise alimentation, des excès, de l’alcool, du vin avec les repas. On peut ignorer les causes secondaires : manger du riz une fois tous les 10 jours, ou un petit bout de viande tous les 15 jours, c’est pas grave. Mais j’exclus le poisson, que je considère très nocif car il se putréfie très vite. J’exclus les fromages aussi.
Après avoir supprimé ces causes, si c’est possible, on doit entreprendre un jeûne, en sautant un repas, ou un jour, ou plusieurs jours.

Vous avez dirigé un centre de jeûne pendant longtemps. Quels résultats avez-vous observés ?
J’ai supervisé environ 4000 jeûneurs pendant les 40 ans ou mon centre de jeûne a fonctionné. J’y ai observé de nombreuses guérisons inespérées : un homme de 60 ans qui était sourd, regardait les oiseaux pendant que je donnais des causeries tous les soirs aux 15 ou 20 curistes. Au bout de 20 jours de jeûne, il me regardait, me posait des questions : il avait retrouvé l’ouïe.

Une dame qui avait un ulcère à l’estomac et que je conseillais par téléphone il y a un an a jeuné pendant 15 ou 20 jours, et son ulcère s’est guéri complètement. Il y a un an, un homme, qui avait laissé le menu hygiéniste et mangé comme tout le monde – viande, bière, etc. — avait pris 30 kilos et pesait alors 90 kilos. Une jambe commençait à lui faire mal : il ne pouvait pas marcher 2 ou 3 mètres sans avoir de fortes douleurs dans la jambe. Suite à un test, un médecin lui a dit : « Monsieur, vous avez un caillot, qui peut monter au cerveau et causer une paralysie, ou monter au cœur et vous serez mort en quelques minutes ». Alors il lui a donné des anticoagulants et des médicaments pour liquéfier le sang. Il a jeûné 32 jours, à l’eau, il a perdu 20 kilos. Il a arrêté avec beaucoup de difficultés les anticoagulants et le médicament qui doit liquéfier le sang, parce qu’il avait une peur bleue que je me trompe, car alors c’aurait été la mort pour lui. Il consultait des livres médicaux. Il a demandé à des médecins de lui faire de nouveaux examens. Alors, après le jeûne, peut-être au bout de 5 examens, le médecin lui a dit « Votre caillot n’existe plus ». Ça ne l’a pas rassuré, parce qu’il avait toujours mal à cet endroit. Je lui ai dit : «Patientez, ça va disparaître.» En effet, le corps s’est rétabli peu à peu, et actuellement il ne souffre plus. Alors il m’a dit : « Je dois suivre le menu hygiéniste. Je n’ai pas le choix ».

Vous avez connu beaucoup de gens qui ont commencé de suivre le menu hygiéniste et qui l’ont laissé ?
Personne ne suit le menu hygiéniste à 100%; certains le suivent à 30 %, d’autres à 50 %, ça varie selon les semaines et les mois. Quand ils adoptent le menu de tout le monde, ça les rend malades, ils comprennent, ils reviennent au menu hygiéniste, ils vont et viennent plusieurs fois. Les gens le comprennent. Mais entre la compréhension et l’application, il y a une marge très vaste. Le souvenir des mets anciens qu’ils ont aimés leur reste dans l’esprit, et de temps et temps ils ont des envies. La nature humaine est ainsi faite.

Croyez-vous que l’hygiénisme fonctionne dans tous les cas ? Y a-t-il des cas où les médicaments sont utiles ?
99,9% des médicaments sont des poisons et donc complètement inutiles. Mais je dois avouer qu’il y a une fraction vraiment minime pour laquelle je recommande certains médicaments, mais pas dans les doses habituelles, ni dans les durées habituelles. Comme par exemple en cas de cystite : inflammation de la vessie avec l’urine qui brûle. Si la personne jeûne, la cystite disparaît après 5 à 15 jours. Mais chez certaines personnes, la cystite ne disparaît pas, même après 20 jours de jeûne. Alors je leur recommande d’aller voir un médecin, de préférence naturopathe, qui leur prescrira des antibiotiques. Le médecin leur prescrit telle dose d’antibiotique à prendre pendant 10 jours. Je leur recommande de ne prendre que la moitié de la dose prescrite pendant 1 ou 2 jours seulement. Avec cette quantité minime, elles ont d’excellents résultats.

Comment voyez-vous l’avenir de l’hygiénisme en France ?
Moi je travaille pour des individus, mais pour la population en général, je ne suis pas optimiste du tout. Vous ouvrez la télé, la radio, les journaux, les magazines il y a une publicité incroyable pour les médicaments et pour la médicine. La France a des lois médicales dictatoriales. Si j’étais en Angleterre, j’aurais beaucoup plus de liberté à pratiquer. Depuis un an j’ai des ennuis très graves avec les autorités médicales, qui m’ont défendu toute publicité pour les méthodes hygiénistes. C’est pour cela que l’hygiénisme ne peut pas se développer.
Mais au Canada, il y a, en proportion, beaucoup de maisons de jeûne, de livres sur le jeûne, et ça m’a fait beaucoup plaisir.

Si vous pouviez résumer l’enseignement de l’hygiénisme en quelques phrases ?
Pour être en santé, vivre une vie saine.

Albert Mosséri publie régulièrement le bulletin Le bon guide de l’hygiénisme, décrit sur le site www.hygienisme.org